Omnes Vulnerant, Ultima Necat
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Cerberos



Nombre de messages : 24
Date d'inscription : 12/12/2010

MessageSujet: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   Sam 25 Déc - 17:38

Vicieux ! Sadique ! Trompeur ! Tss… Quelle idée lui avait-il traversé l'esprit lorsque, confortablement installé au fond de son fauteuil en noyer, soigneusement déposé devant l'âtre d'une cheminée crépitante, son esprit n'avait pu se concentrer plus que de raison sur l'ouvrage ouvert sous ses yeux ? L'absence de sa fiancée pesait plus lourdement qu'il n'osait se l'avouer et son image prenait malin plaisir à le hanter de temps à autre, profitant de ces moments de quiétude pour semer le trouble dans son âme. Ce farfadet imaginaire s'avérait impossible à contrôler, et surtout à vivre. Dès lors qu'une once de sérénité le parcourait, la belle faisait irruption pour briser séance tenante ces émotions folâtres. Et cela n'allait que de de Charybde en Scylla ! Alors, pour "acclimater" ce sceptre allant et venant, l'homme décidait tout bonnement de s'équiper d'une plume et d'un parchemin, pour écrire quelques lignes à sa promise. La missive n'était bien évidemment jamais expédiée à sa réelle destinataire.. Quelle idée.. Saugrenue.. Que d'exprimer ses sentiments sur un papier vulgaire. Il en serait, sans aucun doute, encore parcourut de convulsions de honte. Adoncques, les cadavres inertes de ces quelques déclarations de tendresse ou d'amour, demeuraient là, dans un tiroir de son bureau, mortes et à jamais vouées à se taire. La mise par écrit de ses ressenti était un échappatoire efficient mais temporaire.. Cela ne lui allouait qu'un temps de paix limité, et le compte à rebours se basait surtout sur le devenir de ses journées. Agréables étaient-elles lorsque, fortuitement, quelques malheurs survenaient dans le Domaine ; terribles étaient-elles quand le raz-de-marée se mutait en une accalmie trop heureuse à décrire : alors sans attendre, la Malemort s'en revenait, plus redoutable encore que sa dernière apparition, et son visage s'enracinait un peu plus qu'auparavant pour tenter de prendre complètement possession de ses facultés… Dans une précipitation discrète mais troublante, les gardes Vicomtaux voyait sans comprendre leur Maitre se ruer dans ses appartements privées, comme un dément s'efforçant d'escamoter sa folie en se cloisonnant de ses semblables. La plume glissait alors sur le vélin, virevoltant dans une danse parfaite pour laisser briller un faisceau d'encre qui peu après, séchait pour s'immortaliser à jamais sur un support passif et désintéressé. Cela avait le mérite de couper court aux tentatives de déstabilisation de son subconscient.. Etait-ce un avertissement ? Ou simplement.. Une émotion violente et passionnée d'un être aimé, éloigné par quelques royaux devoirs ? Cette situation brillait par l'inconfort qu'elle offrait. La Comtesse n'avait plus jamais donné de ses nouvelles depuis son départ de la Capitale, peu après avoir accepté de se lier à lui devant le Très-Haut.. Lui non plus, d'ailleurs.. Et malgré la douleur vive que cette absence provoquait, un mal d'égo et de fierté peut-être, il se savait en tort sans oser l'avouer.. L'humilité n'était pas son fort et admettre une faute dépassait de loin ses capacités… Il aurait fallut une Marquise en furie pour le faire céder !

Ce matin-là n'avait sans étonnement, pas coupé aux oppressions dont il se sentait la cible. La Malemort vouait-elle son temps libre à le malmener et à rendre sa vie infernale ? Bref… Le Noble somnolait sur un matelas renforcé par les plumes de quelques animaux infortunés, encerclés de nombreuses épaisseurs de draps en soie afin de le garder de la froideur de l'hiver. Son visage semblait proie à un mal inexplicable, non point stoïque comme d'ordinaire, mais légèrement crispé. Et son réveil fut à la hauteur de sa nuit ; dans un remarquable sursaut, les sens en émoi, le coeur tel un tambour de guerre, son regard parcourait la pièce avec affolement, tâtonnant étrangement l'espace environnant afin de trouver un repère, un objet capable de le rattacher au monde réel. Tandis que ses mains malaxait furieusement le textile recouvrant entièrement son corps, le d'Armantia cherchait vainement un appui inconnu dans un environnement qui lui paraissait étranger. Encore prisonnier de son rêve, l'esprit n'ayant pas totalement immergé à la surface, son échine se sentit parcourut d'un léger mais effroyable frisson. Et si.. Et si ce dont il venait d'être la victime, ou plutôt le spectateur, se transformait en une réalité poignante ? Secouant furieusement sa tête, il ne se rendait plus compte de l'invraisemblance dont il faisait preuve. Toute cette histoire devenait grotesque. Perdait-il l'esprit peu à peu l'esprit ? Était-ce une épreuve ou simplement la conséquence d'un éloignement s'annonçant interminable ? Il ne croyait pas en la superstition et l'éventualité d'un rêve prémonitoire n'était certainement pas une hypothèse à engager. Pourtant… Il l'imaginait encore se reculer un peu plus à chacun de ses pas en sa direction… Le songe était onirique, irréel dans son déroulement. Son éloignement se faisait tel un fantôme flottant au dessus du sol… Tout cela serait plutôt symbolique. Essayait-il de s'avertir au fond de lui-même qu'une femme, aussi connut et puissante que la belle Nebisa, n'avait que faire d'un Vicomte sortit de sa Champagne ? Et qu'aussitôt dehors de son champ de vision, le peu de valeur qu'il signifiait se dégraderait au fil du temps ? Peut-être.. Cette pensée ne lui était pas inconnu. Nombreuses avaient été les occasions où, en proie à des doutes, l'homme s'était projeté des synopsis remettant profondément en cause ses plus fondamentales certitudes. Cette histoire, son histoire… Leur histoire. Elle semblait utopique, idyllique même. Trop peu probable. Elle s'était passé très ou trop vite pour s'y fier entièrement. Les rencontres, les baisers.. Les évènements s'étaient succédés à une vitesse effrayante et les mortels avaient finit par laisser libre cours à une passion commune encore naissante. De cet amour charnel, un héritier allait venir au monde.. Et seule sa légitimité était incertaine à ce jour.
Le temps s'était écoulé doucement mais sûrement, abandonnant le Vicomte à son admiration béate d'un pan du baldaquin reposant librement aux contours du lit. Une fois fait, l'homme s'était levé pour rejoindre la Cour afin de consacrer quelques heures à la menue paperasse. Aurait-il dû s'abstenir ? Bourlingué dans le carrosse et en proie au froid, il en était persuadé. Mais quelque chose, ou plutôt quelqu'un le poussait à le faire.

Installé dans son fauteuil, le repas matinal avait été prit, non pas copieusement n'aimant guère manger plus que de raison, et il se trouvait là, placide.. Une idée tournoyait sans vouloir le quitter. Si Ségur ne pouvait rester en Champagne par devoir - familial ou royal, qu'importe - il serait bon de la rejoindre… Il avait en prime, prit un engagement envers sa fiancée : rencontrer ses proches et faire leur connaissance, autant pour les connaître que pour savoir ce que signifiait "être Malemort". Aucune date n'avait été fixé, étant donné que son départ fut aussi prématuré que la levée de la Tutelle de Champagne. L'hiver ne représentait pas l'époque la plus adaptée pour un déplacement d'une grande distance mais il fallait bien avouer que la tentation avait son poids dans sa prise de décision. Après tout, prendre l'air frais était conseillé par les médecins ! Le "hic" était simplement que ces derniers étaient des charlatans pur et dur… La consigne avait donc été donnée à travers toute la maisonnée : le Vicomte se rendrait dans les prochains jours sur les terres de sa Promise, à l'improviste. Avec un peu de chance, cela lui ferait plaisir…

Sans attendre, un carrosse avait été paré, muni d'une escorte de huit gardes. Un capitaine s'ajouterait au groupe afin de distribuer les ordres nécessaires et d'organiser itinéraires et haltes. Point besoin de cuisiniers, ni de valets, cela ne ferait qu'allonger la durée du voyage et Aristote savait qu'il serait long. Et cela se confirma car deux semaines passèrent. Le convoi se dirigea en premier lieu vers l'Orléans, terre alliée de la Champagne où aucun risque n'était encouru. La Capitale permit au Vicomte d'y prendre du repos et de gouter la seule alcool qu'il lui était possible d'apprécier : le vin ! Et les caves offrirent des moins aux plus délicieux breuvages. La suite se dirigea à Bourges. La prudence fut de mise mais surtout la discrétion.. Point besoin d'attirer l'attention après tant de lieus parcourut. La seule spécialité culinaire qu'y trouva le Vicomte fut.. Le fromage. Piètre consolation après vent et tempêtes, chemins boueux et verglacés, neige et grêle. Mais il fallut s'en contenter et c'est avec un peu plus d'entrain que Limoges fut gagné ! Les frontières Berrichonnes avaient été quittés avec soulagement, le seul danger perdurant étant une compagnie de brigands. Quoique.. Dans une chambre d'auberge de la capitale Limousine, le d'Armantia s'était vu empli d'hésitation. Si sa décision était mauvaise ? S'il dérangeait sa Promise en pleines négociations politiques ? En réunion familiale ? Ou si tout simplement… La Malemort ne se trouvait pas sur ses terres ? Il se sentait indéniablement accablé d'interrogations, demeurant sans réponses tant qu'il n'aurait pas atteint Ségur.. Il avait quitté une boule à la gorge la quiétude de l'établissement où il avait passé la nuit. La Marquise ne se défilait plus, elle hantait entièrement ses pensées. Comment aurait-il pu en être autrement ?
Désormais, il grelottait dans l'habitacle en bois. Autant par le froid que par la tension qu'il affichait. L'oriflamme dressé haut, fièrement par le capitaine de la garde, le convoi s'apprêtait à s'immiscer dans le fief, plus exactement dans le Domaine du Comté. Une invitation serait probablement à présenter. L'homme se présenterait sous peu les mains vides sur une terre inconnue, loin de son foyer et des rares proches qui parvenaient encore à l'apprécier tel qu'il était devenu. Lorsque tout se figea, la porte s'ouvrit pour laisser s'entrevoir le cochet, disparaissant derrière le bois pour permettre au Vicomte d'apprécier le paysage. Emmitouflé dans sa toge sombre, il sentit le vent glacial tenter de pénétrer dans ses vêtements. Ses pommettes rosirent sous l'effet immédiat du changement de température.. Il n'osait penser au tableau qu'il offrait là. Les flocons de neige commençait à envelopper sa silhouette dans valse confuse mais défiant la plus orchestrée des danses. Pied à terre, il monta les quelques marches donnant accès à la porte principal de la bâtisse où, sous les regards curieux de ses gens, il tapa trois coups fort, se remémorant les doux moments à Reims.. Qui dans la nuit, débutait par trois frôlements discrets à la porte de ses appartements privées. D'une voix rauque, rendue dure par la nervosité qu'il affichait et par le froid, il s'exclama.


Cerberos d'Armantia, Vicomte de Châlons en Champagne, demande asile au Maitre de ces terres..

Une fois fait, l'homme se recula pour patienter. Il n'y avait plus qu'à espérer que l'attente ne serait trop longue, au risque de finir congelé sur place. Et que par clémence, en cas d'absence de la belle Nebisa, les gens de la maison accepterait de les accueillir la nuit durant.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Henry de Lancrais



Nombre de messages : 71
Date d'inscription : 05/01/2007

MessageSujet: Re: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   Dim 26 Déc - 19:26

La silouhette du capitaine de Ségur s'avanca au devant du Vicomte qu'il salut avec autant de déférence que d'élégance, suivant les directives de la Comtesse.


Messire Vicomte, soyez le bienvenu sur les terres de la Comtesse Nebisa, nous n'avions pas l'heur d'attendre votre visite, aussi vous prions nous d'excuser notre accueil impromptu.


Nouvelle courbette de l'intendant tandis que les portes s'ouvrent et que quelques domestiques s'avancent pour s'occuper des bagages de l'hote comtal.


Madame la Comtesse ne vous attendait pas mais nous pouvons vous conduire àl'intérieur et une chambre vous sera préparée, Messire, car Dame Nebisa ne peut quitter ses apartements au vue de son état, néanmoins nous l'informerons de votre arrivée dés que le médicastre l'aura quittée.


Il faut préciser que si le Vicomte de Chalons était sur la liste des gens à recevoir, acceuillir et héberger à n'importe heure du jour ou de la nuit, elle n'avait pas confié les détails à son capitaine et ce dernier ne va pas aller raconter à un étranger que la Comtesse a perdu les eaux depuis le petit matin et qu'elle est en train de se tordre sur son lit en attendant l'expulsion de son engeance, une expulsion qui tarde depuis plusieurs heures maintenant... la preuve que le marmot a bien du sang champenois dans les veines, on lui dit de se presser et il refuse de rendre la place.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arnaut



Nombre de messages : 647
Date d'inscription : 10/09/2007

MessageSujet: Re: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   Lun 27 Déc - 16:50

Depuis le retour de sa mère, le prévôt avait allégé son emploi du temps, dans l'espoir d'être présent le jour où le marmot viendrait pointer le bout de son nez. Il voulait bien évidemment être le 1ier a connaître le sexe de l'enfant, et s'il s'agit d'une fille, faire l'échange. En effet, depuis quelque jour, Arnaut stockait une jeune garçon, plutôt bien bâti, dans son congélateur [okay je...]. Il y avait déjà bien suffisamment de fille dans cette famille, et une de plus ne ferait qu'accentuer le martyr vécu par notre jeune garçon. Quoi de mieux alors pour le guider, que la spiritualité, et la philosophie. Récemment encore, il avait pu lire la phrase suivante : La majorité des femmes mariées se plaignent de leur mari. La majorite des femmes non mariées se plaignent de ne pas avoir de mari. Donc le problème c'est pas le mari c'est la femme. Encore une fois, encore une preuve. Lorsque le coq commence à sauter la poule, d'une façon un peu trop rapide au goût des humains, cela signifie qu'il est l'heure pour Arnaut d'avoir son lait chaud. Sirotant donc son breuvage devant un bon feu de cheminée, un livre dans une main, alors que l'autre se gratte ostensiblement son entre jambe - quoi ? à son âge, on a les papiers qui collent aux bonbons - il ingurgitait son lot quotidien de savoir et de sagesse. Aujourd'hui, la cuisine à l'italienne. Hum ! Ensuite, il passerait sans doute au récent chef d'oeuvre du Masque Noir intitulé : "Les bienfaits de la strangulations chez les femmes enceintes rousses, bretonnes et faisant le commerce du poisson". Exactement tout ce qu'Arnaut détestait chez une femme.

Dans ces moments de pure délectation, mieux ne valait pas le déranger. Mais aujourd'hui était un jour particulier, puisque sa mère allait accoucher. Perdre les eaux, tout ça, c'était pas vraiment son rayon ; et puis voire sa mère dans cet état, ce n'était pas non plus son nirvana, contrairement à celui qui l'avait mise dans cet état. C'est donc avec la plus grande gentillesse qu'il rembarra l'accoucheur, le médecin, bref, celui qui allait la faire accoucher, quelqu'en était son nom. Les cries de sa mère ne cessaient de résonnaient à travers la demeure familiale. Quel vacarme. Elle pouvait pas aller accoucher ailleurs ? Y'en a qui sont en vacances (sic) et qui aimeraient bien se détendre ! Merde ! Alors qu'Arnaut s'apprêtait à aller étouffer sa propre mère, on vînt toquer à la porte. Dans son élan de sympathie, le jeune homme gueula dans toute la maison pour qu'un majordome aille ouvrir, ce qui bien sûr fut fait. S'en suivie alors une ribambelle d'autre petit majordome, au départ mains vides, au retour chargé de malle. Attisant la curiosité, il s'avança en direction de l'entrée, ou se trouvait Henry, ainsi qu'un inconnu. Grand Dieu, ce n'était vraiment pas le moment de s'la jouer Roméo, ou alors si, mais il fallait le faire jusqu'au bout, et passer par l'échelle. Légèrement agacé, Arnaut dévisagea l'homme, puis s'exclama :


- « Bonjour Messire. Pour espérer approcher une de mes sœurs, il faut une rente annuelle d'au moins 100 000 écus. Pour ma mère, c'est au moins 500 000. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cerberos



Nombre de messages : 24
Date d'inscription : 12/12/2010

MessageSujet: Re: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   Lun 27 Déc - 20:48

L'attente fut de courte durée et c'est non sans plaisir que le Vicomte vit se présenter un inconnu.. Qui dû probablement oublier de décliner son identité afin d'éclairer ses interrogations. L'homme l'accueillit fort élégamment et ce fut certainement ce qui le retint de lancer une pique acidulée à son intention. Quoi de mieux qu'une ambiance refroidit pour entamer les bonnes relations avec l'entourage qui serait sien durant quelques temps ? Après tout, se trouver à l'étranger ne signifiait pas perdre ses bonnes vieilles habitudes ! Avec soulagement, quelques gens de la Maison s'avancèrent afin de lui porter secours dans le transport des affaires importées de Châlons, ses "quelques" effets personnels ne se suffisant, certes, point des dix doigts de la main. Voyager léger, un adage de gueux, de pauvre ou de fous. Et cela allait de soit, il n'appartenait à aucune de ces trois misérables catégories. Bien que dans le fondement des choses, il admettait bien volontier la nécessité d'en compter quelques-un dans la société… En le cas contraire, point d'exécutions. Et qui dit absence d'exécutions dit forcément absence de festivités…
Adoncques, le Vicomte se fendit en une révérence courtoise, rendant la pareille à son homologue. Point de couronne siégeant paisiblement sur son front, son bienfaiteur était à n'en point douter, un garde ou un Prévôt.. Cela dépendait de l'appellation dont gratifiait la maison à l'homme chargé de la sécurité du fief. Un léger sourire brisa son air fermé, illuminant progressivement son visage.


Je vous remercie de cet accueil, Aristote garde ceux qui savent encore, entretenir la politesse dans leurs relations sociales.. Toutefois..

Quelque chose clochait. Cela lui déplaisait d'ailleurs. Son oreille avait-elle cornée ? Un épisode avait dû lui échapper.. Avait-il mal articulé ? L'accent du Sud, possiblement. Manque d'attention ? Que nenny, ses oreilles agissaient tels des radars à l'affut du moindre renseignement utile et utilisable dans un avenir plus ou moins proche. La politique savait enseigner sagement quelques principes et développer les plus important des cinq sens. "au vu de son état", disait-il ? Traduction ? Visiblement, il n'avait pas l'air dans l'intention de le mettre dans la confidence. Non. C'est ce qui l'agaça en premier lieu. Mais le Vicomte n'était pas au bout de ses surprises : avant que celui-ci ne puisse rétorquer qu'il faudrait sans nul doute lui expliquer en quoi consistait la situation requérant une médicastre, un jeune homme fit irruption dans le hall d'entrée et entama séance tenante les hostilités. Quel gâchis. Le fond était acceptable, bien qu'imparfait, mais la forme se révélait déplorable. L'humeur virant au noir, son regard vert émeraude se promena jusqu'à l'impudent pour le toiser d'un regard froid, vide.

En mettant tout d'abord de coté le fait qu'étant Vicomte, détail révélé par la couronne qui sied sur mon front, vous auriez dû me nommer "Monseigneur" et non point "Messire", décerné aux chevaliers.. Que l'absence flagrante de formes quant aux salutations échangées entre Nobles, statut que je devine par votre lien avec la Marquise, étant à coup sûr votre mère de par votre caractère direct.. Que votre arrivée se fait fort peu convenante, n'étant point accompagné d'une présentation correcte mettant en avant votre identité..

Ne prenant plus compte de l'énumération ne brillant que par l'envie de le couvrir de sarcasmes, retenant un sourire en coin.. Le d'Armantia fixa l'enfant de sa Promise, se disant que comme prévu, l'entente ne serait pas au beau fixe.

Je dirais que la décision concernant vos soeurs et Maintenon ne vous regarde pas, que la Malemort mère est certainement plus à même de diriger sa famille comme Elle l'entend sans pour autant devoir quérir conseil à sa progéniture.. Et que concernant son approche, je dirai qu'elle a dû faire fi de tout cela dans les précédents mois, ou que la somme fut versée en nature.

Trop tentant cette fois-ci, Châlons esquissa un sourire mauvais, presque moqueur. Voilà qui devrait calmer le rejeton, en espérant que celui-ci ne se rebiffe pas pour faire preuve de maturité ou de force. Après tout, à cet âge là, l'on ne savait trop de quoi ils étaient capable .. Un regard couvrant la pièce où ils se trouvaient, il remarqua que la politesse aurait indiqué de le mener ailleurs, là où l'hospitalité aurait pu être agréablement remarquée. Il pensa au passage qu'après la présente pièce de théâtre, ses hôtes devaient probablement manquer d'envie de le mettre à ses aises. Cela ne poserait sans doute pas de contraintes en soit, il n'avait pas traversé trois Provinces pour boire une infusion au coin du feu.

Qu'arrive t'il à ma Promise et où puis-je la rejoindre ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arnaut



Nombre de messages : 647
Date d'inscription : 10/09/2007

MessageSujet: Re: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   Mar 28 Déc - 19:25

Las il était de devoir jouer à celui qui a la plus grosse. Puisque les valises étaient déjà parties, et que de toute évidence, sa mère avait donné des ordres, pas la peine de tergiverser, tôt ou tard, il devrait entrer. Admirant les yeux verts de son interlocuteurs, se demandant s'ils étaient plus beaux que les siens, son discours ne le toucha pas le moins du monde. Combien de fois dans la rue avait-il écrasé de nobliaux à 2 écus, convaincu que leur âge leur donnait sagesse ? Si l'inconnu n'avait pas été désiré par sa mère, à coup sûr, il l'aurait déjà insolemment amené sa main à la bouche pour cacher un faux bâillement. Montrer son ennuie, et son désintérêt du discours.

- « Quelle perspicacité. Enfin si vous voulez approcher de ma mère, j'espère que vous serrez capable de faire quelque concession au niveau de l'étiquette. »

Héhé !!! 1ier piège tendu ! Qu'il y aille avec ses magnificences et dans 2 jours, il serait dehors d'un coup de pieds au culs. Donner des leçons d'étiquettes à un Malemort, qui plus est à Arnaut ! Major de sa classe au collège Saint Louis ! Crème de la crème ! Elite de l'élite ! Puisque l'homme allait s'aventurer dans un terrain glissant, qu'Arnaut n'avait absolument pas envie de perdre la place qui était la sienne dans le lit dans sa mère les soirs d'orages, mais qu'il était véritablement en manque d'affection masculine, il se décida à provoquer l'individu. A force d'entendre dire qu'il faut respecter tout et son contraire, on ne respecte rien ni personne, alors on s'la joue au feeling.

- « La couronne que vous portez ne justifie nullement le respect que je vous dois. Se montrer ainsi si hautain, alors que vous n'êtes que vicomtes. Apprenez que nous autres, Malemort, accordons notre estime avec la plus grande parcimonie, et plus que de la convenance, vous trouverez ici de l'authenticité. Et enfin, ne sous-estimez pas la fraternité qui lie les Malemort. »

Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l'autorité et n'ont aucun respect pour l'âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans ! et les pires de tous, ce sont ceux qui font de la philosophie. Après tout, il est dans la nature de l'homme d'opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent. Arnaut pensait profondément que le respect se gagnait plus qu'il ne se décrochait en même temps qu'une couronne. Après avoir invité le Vicomte à entrer, il dit

- « Je me prénomme Arnaut. Un conseil, si vous voulez conserver en vous l'image d'une Nebisa gracieuse, élégante, et délicate, je vous déconseille fortement d'aller lui rendre visite présentement. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Cerberos



Nombre de messages : 24
Date d'inscription : 12/12/2010

MessageSujet: Re: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   Mar 28 Déc - 21:45

Sans grand étonnement, le retour de vagues se fit, provoquant quelques spasmes machiavélique dont il ne retint que le ricanement. Non pas de cruauté, il se tenait tout de même devant le fils de sa Promise, mais plutôt d'excitation pour les joutes verbales en perspectives. Enfin, il trouvait un adversaire ayant visiblement un goût prononcé pour les subtilités cachées de la langue et pour les "jeux de pistes" où un bon soufflet attendait le déchu à la sortie ! Pas l'un de ces dégonflés qui se contentaient de rabâcher une ode à l'innocence ou de prendre la fuite, la queue entre les jambes… Il avait donc dû traverser trois Provinces, soit quelques dizaines de Bourgades pour trouver un spécimen du genre précieux. Tss.. La vie était injuste.

Ma foy, le sourire lui va bien, mais les taquineries ne lui ont jamais fait de mal…

Bon, après tout, la vaisselle n'avait jamais volée.. Mais peut-être était-ce justement parce que le mobilier en porcelaine n'était pas à portée de main. Les noms d'oiseaux, jérémiades scandalisées et vociférations sévères avaient déjà fait résonner plusieurs murs du Castel Ducal de Reims mais jamais, Ô grand jamais un seul objet n'avait sifflé dans l'air.. Quoique à bien y réfléchir ..

Le nom d'une famille peut pousser au respect mais non pas l'imposer, contrairement à une Couronne, sachez-le malgré tout.. Néanmoins, le dédain que vous me reprochez-là n'est qu'une réaction à la désinvolture et à l'insolence dont vous avez fait preuve en intervenant au milieu d'un échange auquel vous ne faisiez pas partie.. Je puis apprécier la maturité dont vous avez fait preuve, mais non point le manque de sagesse ..

Mince sourire traversant son visage qui aussitôt, s'évanouit pour laisser place à son manque coutumier d'expression. Trêve de bavardage, son voyage n'était pas destiné à consacrer du temps à quelques amabilités bien placées mais plutôt pour se tenir aux cotés de sa Promise. Qui visiblement, n'était pas très bien en point... Adoncques, en mettant de coté le fait que sa question n'avait toujours pas trouvé lumières, il fallait donc réitérer sans tarder, le plus désagréablement possible restant le mieux.

Je constate votre amour pour la désinformation, vous feriez un parfait Champenois.

Hum... Pour le coup, il y allait peut-être un peu fort. L'insulte était plutôt vulgaire..

Je désire être aux cotés de la femme avec laquelle j'ai échangé promesse de mariage.. Et si la voir autrement que radieuse et en bonne santé m'insupportait, j'aurais choisit potiche afin de décorer convenablement mon ma maison... Hors, ce me semble avoir choisit, La Malemort mère ?

Malicieux, l'homme toisa son futur gendre. Puisqu'il accordait tant d'importance à sa famille et à son nom, voilà qui devrait le contenter et à l'occasion, lui clouer le bec.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arnaut



Nombre de messages : 647
Date d'inscription : 10/09/2007

MessageSujet: Re: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   Jeu 30 Déc - 11:04

Le Malemort oscilla d'un sourcil. Son manque certains d'acquis sur certaines provinces du Royaume de France le rendait insensible à ce qui devait être une insulte. La Champagne faisait du très bon vin, c'était mieux que le Limousin, qui ne produisait rien. Un gros tas de féniasse corrompu, et assisté. Paradoxe ? On s'y habitue...

- « Si les échanges avec les domestiques vous tiennent tant à cœur, je peux aisément les faire rappeler. Je suis sûr que vous avez mutuellement beaucoup à vous apprendre. »


C'est que dans tout ça, son lait chaud était passée au tiède ; le creux de son siège se serait sûrement comblé, et la page de son bouquin envolé avec le courant d'air provoqué par l'entrée du vicomte champenois. Prélude d'une longue histoire d'amour... Il faut savoir qu'Arnaut, comme feu son frère Barahir d'ailleurs, et en opposition directe avec un pléthore de ses autres frères et soeurs, un goût prononcé pour le respect des vertus aristotéliciennes. En un mot comme en cent : un jeune garçon pieux, faisant sa prière tous les soirs, n'hésitant pas en sus à brûler sorcières, et autres bretonnes rousses mangeuses de grenouilles. Avant de la sagesse, il faut donc une conscience. Et la sienne était empli des préceptes aristotéliciens. Ainsi donc s'exclama-t-il :

- « Je vous l'ai dit, ici, vous trouverez avant tout de l'authenticité. Ma mère est à l'étage, en train de mettre au monde un magnifique garçon ! Vous avez l'intention de l'épouser rapidement ? Si par malchance, le Très-Haut ne vous pardonnait pas d'avoir eu des rapports hors mariages, et qu'il vous gratifiait d'une fille, je devrais prestement reprendre contact avec mon confesseur. »

Après de longue année de martyr en compagnie de trop nombreuse soeur, l'idée d'en avoir une de plus, fusse-t-elle plus jeune, lui était insupportable. C'était presque devenu pour un moyen de jauger les amants de sa mère. Si le père enfante d'une fille, alors sa valeur est aussi élevée que le pris du poire au milieu d'un champ de compote. Par contre, pour les garçons, il en est véritablement tout autre. L'exemple allait bien avec l'ascendance d'Arnaut d'ailleurs. Le Malemort enjoint finalement le Vicomte à le suivre.

- « MONSEIGNEUR, » Insistant très ironiquement sur le mot « je vais vous mener à ma mère. Toutefois, j'espère que vous pourrez supporter que toute l'attention ne soit pas portée sur vous. »

Dit-il en souriant pour marquer la dérision de son discours. Une petite attaque immature pour lui rappeler enfin, qu'il n'a que X* ans.

* Avec X compris entre 10 et 16. Je sais c'est un intervalle énorme, mais je ne dévoile pas tous mes secrets au premier rendez-vous Very Happy

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
nebisa
Comtesse
Comtesse


Nombre de messages : 1429
Date d'inscription : 19/11/2006

MessageSujet: Re: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   Lun 3 Jan - 22:47

Pendant que les deux mâles prenaient leurs marques, à l'étage, la Malemort tachait d'expulser l'hôte champenois qui la vampirisait depuis neuf mois... et l'affaire étant d'importance, le rejeton étant bien comme son géniteur, décidé à faire trainer indéfiniment un moment que chaque mère aspire à voir se terminer au plus tôt...

Bref, finalement, après des heures de luttes, la délivrance vient enfin, précédée d'un cri sourd, une longue plainte, presque un feulement, qui raisonne jusque dans l'entrée ou les deux coqs font connaissance...

Peut être que ce signal, aussitôt suivi d'un défilé de servantes se rendant dans les appartements de leurs maitresses, suffira à rappeler aux garçons qu'il y a plus important pour le moment...

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://segur.activebb.net
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...   

Revenir en haut Aller en bas
 
Quand l'inconscient prend le pas sur la raison...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Proverbes / Opinions / Déraison / Citations
» Quand ça passe par la tête et que l'envie nous en prends...
» Comment gérer le professionnel, quand le personnel prend le dessus ? [PV Lily]
» [RESOLU]quand c'est qu'on recontre la cha-cha
» demande conseille hornet prend des tours

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ségur le Château :: Ségur le Château :: L'entrée-
Sauter vers: