Omnes Vulnerant, Ultima Necat
 
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 Audience du Seigneur de Poigny

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Henry de Lancrais

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MessageSujet: Audience du Seigneur de Poigny   Dim 6 Mar - 21:20

Escortant le visiteur en mission, Henry arrive dans l'atrium, cour intérieure que la Comtesse a fait amménager en un jardin luxuriant ou ruisselle une petite cascade prés de laquelle une série de banquettes a été installée...

Les lieux sont calmes et apaisés, pas un bruit ne transparait du tumulte de la maisonnée ...

S'inclinant devant le Champenois, Henry entreprend de se retirer.



La Comtesse ne saurait tarder, je vais vous laisser à présent...
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Polibe

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Dim 6 Mar - 22:13

Il emboita le pas de son guide sans rien dire. Lui collant même aux bottes, évitant ainsi de se perdre à nouveau. Tout en suivant l’homme, il réfléchissait déjà comment il allait pouvoir aborder le sujet sans pour autant n’offenser personne. Il n’était pas à l’aise dans les contacts humains encore moins avec la haute société. Il ferrai ce qu’il avait à faire et basta, il reprendrai la route vers la Champagne aussitôt.

Ils s’arrêtèrent dans un endroit qui ne déplaisait pas. Il faudrait vraiment être difficile pour ne pas apprécier cet endroit. Il regarda la petite cascade puis se tourna vers l’homme qui allait prendre congé.


Faites donc. J’attendrai ici.

En même temps, il n’avait pas autre chose à faire. Attendre, il détestait attendre. Il essayait aussi de se rappeler de l’objet à confier à la Marquise. En y pensant, il prierait pour qu’il soit toujours en l’état. Manquerait plus qu’il se retrouve en milles morceaux. Mais non qu’elle idée.
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nebisa
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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Lun 7 Mar - 11:41

Prévenue par une servante, la Malemort avait, sur le champ, interrompu ses tâches en cours, lesquelles n'avaient rien de bien passionnant au demeurant, puisqu'il s'agissait d'établir les projets de travaux à entreprendre sur ses différents domaines, maintenant que la belle saison approchait : refaire la toiture de Lussac qui avait souffert dans l’hiver, agrandir le moulin de Ségur, voir pour consolider le pont menant à Chabrières, sans parler des frais pour parer Maintenon comme il se doit et du choix du mobilier à transférer d’une demeurer à l’autre…

La servante l’avait prévenue de la visite d’un champenois, Seigneur de Poigny… et la surprise passée, c’est à un flot de questions insidieuses… le vassal de Cerberos… ici… surement sur son ordre d’ailleurs… Pourquoi ? Des nouvelles de son fiancé, ancien fiancé, était une chose à laquelle elle ne s’attendait pas, au vue de la conclusion de leur dernier entretien… Elle ne pouvait qu’espérer et croire qu’il se porte au mieux et chercher à avoir des échos de ce qu’il devenait par des moyens détournés, via une certaine blonde champenoise par exemple… et encore, les informations n’étaient jamais à la hauteur de ses attentes…

Au delà du motif de la présence du Seigneur Polibe, peut être aurait-elle des nouvelles plus précises ? Que pouvait-on lui vouloir ?

Dans tous les cas, il n’était pas question qu’elle déroge à la règle voulant qu’en toute circonstance la Malemort se montre à la hauteur de son mythe… Ce n’est donc qu’après avoir pris soin de se parer et de faire rectifier sa coiffure qu’elle se met en route. Dégagée des devoirs d’apparat, elle ne portait ce jour là qu’une ‘’simple’’ robe de brocart couleur crème, brodée de perles et pour tout bijoux un diadème d’or surmontés de trois saphirs et une broche de même facture sur son généreux corsage…

La toute jeune ‘’retraitée’’ de la Curia Regis arrivant à destination, salut le Seigneur qu’elle a déjà pu croiser par le passé, d’un air affable bien que son visage demeure impassible et qu’il soit impossible de deviner l’appréhension qui lui tord les entrailles en cet instant…


Messire Polibe ? La surprise de vous recevoir ici n’a d’égale que le plaisir de votre venue… du moins si je n’étais pas conduite à m’interroger sur le motif d’une visite dont je devine qu’elle ne puisse être uniquement basée sur votre volonté de me venir saluer… Me tromperais-je ?

Indiquant d’un geste élégant de la main au Champenois de prendre place sur une banquette, elle s’assied à son tour, se retenant de mordiller sa lèvre inférieure, en un réflexe nerveux qui ruinerait totalement ses efforts pour ne rien laisser transparaitre de sa gène…

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Polibe

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Lun 7 Mar - 17:29

Est-ce qu’au moins on s’y retrouvait dans ce domaine ? Grand doute, le personnel devait se balader avec un parchemin et un compas et encore. Il aurait peu être une Maison comme ça un jour … pas dans l’immédiat en tout cas. La caserne paraissait être un nid de fourmis à côté. Bref … il sursauta pour la deuxième fois et se retrouva et se retrouva face à ladite personne. Il refoula un sourire et la salua.

Bien le bon jour, je suis désolé de vous déranger ici lieu. Je ne serai pas long. En effet, je viens mander de vos nouvelles et espère que la santé est toujours fidèle. En tout cas, vous êtes ravissante, comme toujours.

Il la suivit sur une banquette et s’installa en face d’elle un peu mal à l’aise. Mais bon, une chose qu’on apprend au contact du Vicomte c’est de rester froid et sans expressions faciales. En tout cas, il allait falloir se lancer et trouver les mots justes. Il se racla la gorge et prit l’initiative de lancer la conversation.

A vrai dire, je suis ici dans un but précis. J’ai ici plusieurs choses à vous remettre de la part de Cerberos. En effet, il m’a mander de venir vous apportez un message ainsi qu’un "présent".

Il avait fixé la Marquise du début à la fin de la conversation. Chercher le moindre signe, la moindre expression était son fort. Il baissa les yeux et fouilla dans sa sacoche en espérant qu’un garde ne pense pas qu’il cherche une arme ! Il sourit à cette pensée et sortit le parchemin, en premier, roulé et maintenu fermé par une bague, un anneau d'or où est encastré une hématite.

Il lui tendit le parchemin ne sachant même pas ce qui était inscrit dessus :




Il l’a laissa lire un instant sans plus rien dire, juste en la regardant. Il se tripota une mèche blonde nerveusement. Puis il enchaina rapidement en fouillant dans sa sacoche. Il en sortit un objet qui lui tendit : une boule de verre où, soufflé dans une verrerie, une rose rose avait été glissé, séchée.

J’ai aussi un message de sa part … il vous fait dire qu’un engagement reste une parole et que visiblement, certains en sont dépourvus.
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nebisa
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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Lun 7 Mar - 18:05

Sur un signe, quasi invisible, de la Malemort, une jeune servante s'était avancée pour déposer un plateau contenant une bouteille de prune, deux coupes et un assortiments de pralines avant de se retirer sur une dernière révérence...

La Malemort, hésitante, finit par se saisir du parchemin, ne sachant à quoi s'attendre... n'étant pas sure de vouloir le savoir ... Malgré tout, il faut faire face, c'est donc d'un ton léger, qu'elle répond au champenois.



C'est fort aimable au Vicomte de prendre la peine de se rappeler à mon souvenir... Servez vous à boire, la route a dut vous assoiffer, du temps que je prend connaissance de... cette missive...


Retenant son souffle, elle brise le sceau fermant le document et plonge dans la lecture des lignes tracées par le Vicomte, sans faire le moindre commentaire, sans trahir, par le moindre sursaut une quelconque réaction... on ne survie pas au sein des Institutions Royales sans apprendre à se maitriser...

Pourtant... à l'intérieur... elle bouillonne, elle lutte et s'époumone... son poing refermé sur la bague, ses ongles s'enfoncent dans la paume de sa main, y laissant la marque sanguinolente de petits croissants de gueules... Que dire ? Que penser ? Les mots sont inutiles, les larmes tout autant et soupirer n'a jamais guéri la moindre plaie...

Toute à sa lecture, elle en oublie la présence du Seigneur Polibe, lisant et relisant les phrases du Vicomte, cherchant à y trouver un sens caché, une explication, il lui semble même parvenir à entendre sa voix susurrer à son oreille les mots que ses yeux décryptent... Pourtant, tel n'est pas le cas... il n'est pas là et il semble plus qu'évident qu'ils ne se trouveront plus en présence l'un de l'autre à présent... leur dernière rencontre pèse toujours dans sa poitrine comme un poids de plomb et... la revoir doit être la dernière chose au monde que lui désire...




J’ai aussi un message de sa part … il vous fait dire qu’un engagement reste une parole et que visiblement, certains en sont dépourvus.


Le sourcil haussé, sa bouche se fend en un sourire amer et meurtri, pour autant que son visage d'albâtre, lequel se trouve à peine marqué d'une pâleur plus prononcée que celle affichée par son teint usuel... ainsi est-ce là tout le but de la manœuvre ? Des reproches... encore et toujours... Elle était, cependant, disposée à les accepter... peu lui importait, au final, ce dont il lui plairait de l'accabler, elle n'avait jamais attendu autre chose et savait pertinemment que l'amour ne conduisait jamais qu'à la souffrance... elle avait aimé, elle l'avait aimé, et malgré ce qui l'avait conduit à détruire l'amour qu'il aurait pu avoir pour elle, l'aimait encore... à présent, elle souffrait, quoi de plus normal ? Il lui restait la nostalgie des souvenirs, de l'époque de la tutelle, de leurs premiers temps de bonheur... il lui restait un fils aux yeux émeraudes qui clouaient ses nourrices au pilori de ses fureurs quand elles tardaient à contenter ses enfants d'enfançon... il lui restait... le parfum des souvenirs...

Pour tout cela, elle finit par relever la tête, sereine, drapée dans sa farouche détermination à ne rien laisser voir de son âme à la torture pour se saisir d'une coupe de prune, d'une main à peine tremblante, pour la vider entièrement avant de clouer son regard à celui du seigneur...



Vous remercierez le Vicomte pour son... attention... et l'assurerez que j'ai conscience d'avoir manqué à ma parole sans qu'il n'ait besoin de me le rappeler... Je m'en suis déjà excusée et porterai cette faute sans chercher à la nier... Maintenant... dites moi... Comment... comment se porte-t-il ? Je.... dois savoir...

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Lun 7 Mar - 19:11

Un signe de tête pour la remercier de son accueil et il se saisit d’une coupe qu’il savoura en silence. La dévisageait aurait été un faible mot. Alors qu’elle parcourait le parchemin du regard, lui, il la regardait. Combien de fois allait elle lire cette missive ? Qu’importe, il attendrai sans broncher. Le silence était pesant et il avait l’impression que tout le monde l’entendait avaler son breuvage.

Son regard c’était perdu sur elle, enfin pas sur elle mais plutôt sur ce geste de la main qui en disait bien long. A croire qu’elle était en train de se mutiler elle-même mais il ne dit mot. Pouvait il se permettre déjà ? Il avait toujours en main le présent : la fameuse boule de verre où, soufflé dans une verrerie, une rose rose avait été glissé, séchée. Elle ne le voulait peut être pas. Dans le doute, il la déposa sur la petite table devant eux et lui avança lentement vers elle
.

Ce présent, vient de lui aussi. Il m’a bien précisé de vous le remettre … même si vous n’en voulez pas, je le laisserai ici.

Coupe vidée en un cul sec, la vache. Toujours sans rien dire, il la resservit aussitôt, elle allait en avoir besoin pour la suite. Il se racla la gorge lorsque la question fatidique arriva : comment allait le Vicomte ? Fort mal, il en va de soi. Il ne sortait quasiment plus, il devenait encore plus blanc et le pire de tout, il devenait aimable avec certaine personne ! Et la phrase du Vicomte qui raisonnait dans sa tête …

Sa santé se porte aussi bien que celle du Royaume.

Lâcha-t-il sèchement. Rien de plus rien de moins. Après tout, elle avait surement réduit à un « simple » homme son Suzerain mais allez savoir pourquoi, il ressentait de la sympathie envers elle. Il soupira en remuant la tête de dépit puis se leva.

S’il venait à savoir ce que je m’appète à dire, je serai renié à vie.

Il resta debout devant elle, contourna la table et alla se mettre à côté d’elle après moult réflexion intérieure. Il capta son regard avant de se lancer :

Sa santé physique se porte aussi bien que celle du Royaume. Sa santé morale atteint inexorablement celle du néant absolu. Je ne le reconnais point … chaque jours, j’ai peur qu’il comète l’irréparable.

Beaucoup de monde serai ravi d’apprendre cette nouvelle or, allez savoir pourquoi, j’ai confiance en la femme qui a surement détruit mon Suzerain
.

Il se releva en la regardant. Il ne comprenait jamais les relations amoureuses, il n’était pas au courant de tout mais il constatait uniquement les faits. Or ici, les faits étaient que son Suzerain lui avait demandé de mentir pour garder bonne image.









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nebisa
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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Lun 7 Mar - 20:10

En silence, elle fixe à présent la boule de verre... l'objet est d'une finesse, d'une beauté saisissante... et la fleur en son cœur... comment ne pas la reconnaitre ? Le seul présent qu'elle lui fit jamais... Et une nouvelle fois, les regrets viennent obstruer sa gorge et couper sa respiration, comme une main se refermant autour de son cou et serrant jusqu'à lui faire perdre connaissance...


Ainsi, il ne veut vraiment rien garder de moi...


La seconde coupe de prune suit le même chemin que la première et elle ne peut que grimacer en guise de commentaire à la réponse suivante... Bien sur, les avis, là dessus, divergent forcément, mais selon elle, le Royaume est à l'agonie et s'effondre jour après jours... Cerberos serait il de ceux conquis par les sourires faux culs de la Teutonne ? Cela ne lui ressemblerait guère... Quoi que ? Que peut-elle en savoir à présent ? Il n'est plus de son droit de recevoir ses confidences ou de discuter, à cœur ouvert, avec lui ... A-t-il déjà trouvé à la remplacer ? Une femme plus docile, moins abimée par la vie et qui lui donnerait ce mariage dont il rêve tant... sans craindre, par anticipation, souffrance et déception comme une sentence irrémédiable ?


S’il venait à savoir ce que je m’appète à dire, je serai renié à vie.


A ces mots, elle relève la tête, fébrile et tendue... le poing toujours fermé sur cet anneau maudit... ce qui suit lui faisant l'effet d'une lame s'enfonçant dans son ventre, expérience qu'elle a connue, d'ailleurs, lors d'une guerre en Anjou et qui n'a rien d'agréable...


Il... Cerberos est trop pieu pour... vouloir attenter à sa vie et... il... semblait... tout a fait... serein quand j'ai voulu aller le trouver... Je n'ai jamais voulu... le blesser... si je le pouvais... j'effacerai tout cela... tout ce que nous avons pu vivre... Je voudrais n'être jamais entrée dans sa vie... Il ne s'en porterai que mieux...


Elle avait plus que conscience de ses torts, de ses failles, elle savait ne pas être la femme qu'il pouvait espérer... Lui qui attachait tant d'importance aux convenances, lui qui ne savait pas dire "tu"... comment aurait il pu endurer longtemps ses folies, son naturel insoumis, ses audaces jetées à la face du monde ? En même temps, comment ne pas se sentir coupable et comment ne pas accepter les conséquences de sa faute ? Elle ne chercherait plus à le revoir, puisqu'il l'avait chassé, lui disant clairement qu'il ne voulait plus que leurs chemins se mêlent...


Si me haïr lui donne la force de surmonter cela... qu'il me haïsse, je suis prête à l'accepter... Cela n'a plus d'importance, nous nous sommes déjà perdus... nous ne nous sommes peut être même jamais trouvé... ou si fugitivement...

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Polibe

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Lun 7 Mar - 20:47

Il en aurait perdu son latin … s’il s’agissait d’une amie, il n’aurait même pas osé lui faire un geste attendrissant, une geste de réconfort. Devant la détresse des personnes, on reste souvent sans mots ni même gestes, qui pourraient pourtant apporter un peu de chaleur. Il la regarda de nouveau enfiler la coupe, et dans un élan de bonne conscience, il poussa la bouteille afin qu’elle ne puisse l’atteindre. Il décida de lui dire la vérité. Il resta debout en tripotant son épée :

Mais voyons, vous le connaissez. Pensez vous honnêtement qu’il puisse un jour montrer un signe d’une quelconque faiblesse. C’est déjà un miracle s’il vous lâche un sourire

Je pense que s’il dit qu’il va mal, il sera déjà trop tard pour lui venir en aide. Jamais il ne dira qu’il va mal hors je suis persuadé du contraire.

Tout ceci était d’un compliqué. Il n’arrivait pas à gérer ses propres histoires alors les histoires des autres. Tss, dans quelle affaire s’était il encore fourré. Plus il la regardait plus il avait de la peine pour elle. Dia quel merdier. Pourquoi deux personnes qui s’aiment ne restent pas ensemble ?

Il ne faut pas non plus vous remettre toutes les fautes dessus. Une relation se fait à deux, or vous n’êtes pas la seule responsable.

Comment tourner la chose sans pour autant casser son Suzerain ? Il n’avait pas eu vent de toute l’histoire, loin de la. La mobilisation en Alençon lui avait coupé l’herbe sous le pied. Il en avait loupé des affaires, des histoires et potins en tout genre.

Il m’a demandé de venir vous dire tout cela. Bien entendu, il n’était pas question que je m’attarde sur sa soi disante bonne santé. Quand il parle de vous, c’est toujours avec un petit sourire en coin … J’étais présent aux fiançailles, je l’ai vu puis vous … son regard n’a pas changé quoi qu’il en dise.

Si cela peut vous réconforter, il ne vous a pas remplacer …

Un geste d’inattention, certes oui, il déposa sa main furtivement sur l’épaule de la Marquise.

Il vous aime.

Prenant conscience du geste, il sortit sa main aussi vite qu’elle avait atterrit ici et se recula. Son regard resté posté sur la jeune femme dont ses mimiques en disaient bien long, enfin.
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nebisa
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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Lun 7 Mar - 21:39

D'une voix rendue sourde par tous les mots qu'elle retient, les sanglots qu'elle répriment, les larmes qu'elle ne versera pas, elle souffle péniblement, cherchant à capturer le regard du Seigneur...


Mais... il n'est pas seul pour... aller mieux, n'est ce pas ? Il ne faut pas... le laisser seul... Vous devez le surveiller, lui donner des... défis, des raisons de se battre, de se mettre en colère, de se sentir vivre... pour qu'il oublie d'avoir mal...


Pensivement, la Marquise songe à l'époque ou, pour elle, parfois, il souriait... aux moments, trop brefs, ou elle parvenait à se sentir proche de lui... elle avait compris qu'il dissimulait, tout comme elle, des blessures, des failles... mais n'était jamais parvenue à briser ses murailles... Cependant, au mal qu'elle lui faisait, à présent, peut être, n'était ce pas plus mal... Elle n'aurait pu supporter l'idée qu'il se sente repoussé pour autre chose que ses propres failles, ses blessures à elle... Elle ne pouvait réussir à dépasser tout cela, c'était au dessus de ses forces...


Pourquoi ... vous a-t-il envoyé ? Il aurait pu... jeter tout cela au feu... Mais non... il... me les envoi... mais lui... reste loin... Si cela ne l'aide pas... alors pourquoi ? est ce qu'il veut s'assurer que je sois réellement affligée ? Veut-il un rapport détaillé sur comment je me porte ?


Secouant la tête, comme pour chasser les pensées qui y tournent en boucle, sans répit, elle finit pour ouvrir son poing scrutant la bague avec toute l'ampleur de sa douleur, ce symbole d'engagement devenu le deuil de leur amour... peut être était ce pour cela qu'il le lui renvoyait aujourd'hui ? Ou parce qu'il voulait qu'elle sache que lui n'attachait plus assez d'importance à ce souvenir pour le conserver ? Que pouvait il penser, au fond ? Que gardait il de leur histoire ? Rien que la déception et, peut être, un sentiment d'abandon qui la poignait plus que tout le reste... car elle n'avait jamais voulu le quitter, elle ne demandait que du temps et sa présence... pas parce qu'ils étaient mariés, pas parce qu'un pervers en robe longue leur donnait cet ordre... mais parce qu'ils se vouaient l'un à l'autre... et si le mariage avait tant de plus dans ce qu'il attendait d'une union... cela ne voulait il pas dire que peu lui importait qui il épousait ? Et pourtant... elle ne croyait pas plus cela que le reste...


L'amour... ne suffit pas... Je l'ai toujours su, et ... je le vis une nouvelle fois... Cerberos... son amour ne lui aura apporté que déceptions et souffrances... je n'aurais jamais dut venir en Champagne...


Elle pouvait lutter, au quotidien, contre sa propre douleur, l'oublier dans le travail, même si ses journées étaient bien plus allégées depuis qu'elle avait rendue ses clés à la Reine, pour qu'elle les file à un pantin de son choix, mais, en cet instant, elle est plus prés de défaillir que jamais... elle voudrait pouvoir quitter les lieux, sauter sur un cheval et partir au galop jusqu'à ce que ses mains saignent à force de serrer les rênes et qu'elle rentre, en suite, vidée de toute force, incapable d'élaborer la moindre pensée... mais non... elle ne peut agir ainsi, pas plus qu'elle ne peut, simplement, fondre en larmes... Il lui faut serrer les dents, faire face, accepter d'avoir mal, parce qu'elle l'a mérité et que tout est de sa faute...

Et, pour se faire... il est une question qu'elle doit poser... même si elle en connait la réponse... et ce que cela entrainera pour elle...



Est ce qu'il... a demandé à avoir des nouvelles... de son fils ?

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Lun 7 Mar - 22:33

Il n’est pas seul mais votre compagnie ne sera jamais remplacée, soyez en certaine.

Allez rassuré une personne alors que vous-même, vous n’êtes pas convaincu. C’est d’un compliqué, vous pouvez pas imaginer. Est-ce que le Vicomte allait si mal qu’il pourrait mettre fin à ses jours ? Oui, c’était certain. Allait il le faire … la était toute la question. Leur dernière conversation n’était pas très claire sur des futures intentions. Etant loin de son Suzerain, il ne pouvait affirmer mais bon, il ne se trompait pas beaucoup sur les sentiments du Vicomte.

Ecoutez, il m’a envoyé pour prendre de vos nouvelles, il en va de soi bon sang. Vous ne voyez pas que je suis ici afin de vous faire prendre conscience de la situation plus qu’idiote.

Excusez moi de dire cela si crument mais cette situation tourne au comique. Je me retrouve au milieu du je t’aime moi non plus. Il se trouve enfermé dans son domaine, ne sort que pour ces fonctions, ne vient me parler que pour me mander de venir vous trouver
.

Subtilement, il esquiva la question sur le fils. Comment ? En ne répondant pas tout simplement. Déjà, il ne savait même pas que La Marquise et le Vicomte avaient eu un enfant ensemble, deuxio, parce que le Vicomte n’en avait jamais parlé surement à cause de l’illégitimité.

Il replongea son regard dans celui de le femme et le quitta plus. Il resta muet un instant pour reprendre ces esprits d’une conversation sans précédent et sans futur tiens. Jamais plus, il ne ferra l’entremetteur
!

Une union légitime donne des enfants légitimes … Vous avez la chance d’aimez le père de votre enfant. Cela devient fort rare de nos jours de trouver un mariage d’amour … Pourquoi vous vous refusez à un peu de bonheur alors que celui s’offre à vous ?

Non de dieu, qu’était il en train de dire. Malgré qu’elle cache toute émotion, il fallait être crétin pour ne pas voir qu’elle était au bord d’une déluge de larme. Comment réagit si cela se passé ? Mince, surtout pas de larme, une réactions des plus improbables seraient de mise !

Je ne vous connais pas assez pour vous donner conseil malheureusement. Je pense que vos sentiments sauront faire la différence entre le bon et le mauvais choix.

Maintenant que le Vicomte a fait le premier pas … il serait bon que vous fassiez le deuxième.

Il haussa les épaules et se demanda si le moment de partir n’était pas venu. Pour reprendre un peu de force, il termina sa coupe de prune cul sec. Trop d‘émotion tue l‘émotion. Il recula les mains dans le dos et tourna le dos à la Marquise pendant quelques secondes cherchant déjà quoi dire de plus.

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Mar 8 Mar - 14:37

Découragée, la Malemort ne peut que soupirer, les mêmes questions tournent en boucle dans sa tête depuis des semaines, cette farandole endiablée lui causant plus d’insomnie que ses cauchemars habituels… A-t-elle eut raison ? Aurait-elle dut prendre sur elle d’avantage ? Faisait-elle une erreur ou prévenait-elle un désastre irrémédiable ? Elle ne savait plus, passant d’un extrême à l’autre selon les orientations de son esprit éploré…

Ce qu’elle savait, c’est qu’il lui manquait, qu’entendre sa voix, le revoir, une fois, essayé de lui faire comprendre… tout cela n’était que le cœur de son mal, en sus venaient s’ajouter le poids de sa culpabilité et l’amertume d’une énième déception sentimentale…



Avez-vous déjà été marié, Messire Polibe ? Vous ne savez pas, je le gage, le poids des chaines matrimoniales … Je n’ai pas peur de monter au combat, je n’ai pas peur de jouter contre un homme de deux fois ma taille… j’ai ouvert des dizaines de cadavres pour en prélever les organes, j’ai coupé des bras et des jambes, soigné des lépreux ou des pestiférés… mais cette bague… ce qu’elle représente… Je ne connais rien de plus… terrifiant… En plus de savoir le mal que fait à un homme que je chéri, je dois, également, enduré l’idée de condamner mon fils à la bâtardise, ainsi qu’à devoir grandir sans père… Je suis loin de considérer mes fautes avec détachement…


Sans retenir une grimace douloureuse, elle porte la bague, sa bague, à hauteur de ses lèvres, comme pour s’excuser de ne pas l’aimer comme il le faudrait… une si petite chose, qui fait tant de mal… Elle avait essayé de lutter, son angoisse n’avait que croitre pour prendre le dessus sur tout le reste au pire moment possible…

Mais en même temps… comment nier les faiblesses de leur couple ? Ils se connaissaient si peu… plus que bien des époux se découvrant aux pieds de l’autel ceci dit, ils étaient si différents… mais c’était cela qui l’avait attiré chez lui… tout n’avait fait que décliner depuis sa grossesse… Ses doutes, ses peurs, étaient nées alors que son fils grandissait en elle et qu’il s’éloignait…

Bien sur, la situation était idiote… mais elle n’avait jamais voulu le perdre, elle n’avait jamais voulu mettre un terme définitif à cette histoire…Elle avait juste… souhaité qu’il tienne suffisamment à elle pour comprendre ses peurs… Mais peut être était-ce trop ? Peut être que lui-même tenait à cet engagement pour des raisons tout aussi valables que celles qui la faisait perdre pied ? Comment savoir, au fond… personne n’avait tort, personne n’avait raison… personne ne sortait vainqueur de cette lutte… ils avaient perdu, tous les deux…


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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Mar 8 Mar - 15:20

Il fit une moue. Une simple moue en réponse à sa question : avait il été marié ? Allait il lui dire qu’il avait été exactement dans le même cas que les deux tourtereaux ? Il aurait pu lui expliquer pourquoi il comprenait parfaitement cette situation, il aurait pu prendre son expérience personnelle comme exemple mais, il était convaincu que chaque personne restée unique et que chaque histoire restée à écrire.

Vous savez, il y une théorie des âmes sœurs de Platon : les êtres humains, à l’origine, auraient été constitués de quatre bras, quatre jambes et d’une seule tête à deux visages. Zeus, qui aurait craint leur pouvoir, les aurait coupé en deux, les condamnant à passer le reste de leur existence à rechercher la part manquante.

Il releva le nez vers la Marquise, un peu dépité maintenant. Cette situation lui faisait remonter des souvenirs pourtant si bien enfoui. En moins de deux minutes, elle avait réussi à tout refaire surgir et à tout remettre en cause. Certaine conviction n’ont pas besoin d’être ébranlée et le mariage ou même l’amour - deux choses liées pour lui - ne devaient jamais être remis en cause.

L'amour est visionnaire. Il voit la divine perfection de l'être aimé au-delà des apparences auxquelles le regard des autres s'arrête. Entre le désir profond de se lier, de s'engager corps et âme, et le désir tout aussi profond de préserver sa liberté, d'échapper à tout lien. Un mariage ne se contracte pas. Il se danse. A nos risques et périls.

Souvent la peur de l'engagement nous coûte cher et nous laisse errer libre certes, mais vide. Entre cette liberté si désirable et la relation vivante que notre nature appelle ardemment, le déchirement semble fatal
.

Il reprit son souffle, reprit le contact visuel et laissa son cœur parler. Certes oui, si le Vicomte était là, il le ferrait pendre pour propos inappropriés ou soudain espoir en l’humanité ! Il reprit ses petits gestes pour accompagner son dialogue. Oui, car d’où il venait, ils aiment s’exprimer par des gestes.

La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n'est pas de fuir l'engagement mais de l'oser. Libre n'est pas celui qui refuse de s'engager. Libre est sans doute celui qui ayant regardé en face la nature de l'amour - ses abîmes, ses passages à vide et ses jubilations - sans illusions, se met en marche, décidé à en vivre coûte que coûte l'odyssée, à n'en refuser ni les naufrages ni le sacre, prêt à perdre plus qu'il ne croyait posséder et prêt à gagner pour finir ce qui n'est coté à aucune bourse : la promesse tenue, l'engagement honoré dans la traverse sans feintes d'une vie d'homme.

Ce qui rend le mariage si fort et si indestructible, c'est qu'il réunit un homme et une femme autour d'un projet. D'un projet fou. Souvent voué à l'infortune. D’un défi quasi impossible à réaliser et impérieux à oser. Le drame serait de ne pas tenter l'impossible, de rester, une vie entière, à la mesure de ce qu'on peut.


Et s’arrêta net. Fin de la tirade, fin des arguments sortis dont ne sais où. Il avait déballé tout ce qu’il pensait au plus profond de lui. Maintenant, il attendait un signe de sa part. Une approbation ou un geste qui lui signifierait que l’entretien était terminé …
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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Mar 8 Mar - 17:40

Dévisageant le seigneur, la Marquise demeure silencieuse ... étonnée qu'il vise si bien et que ses arguments l'ébranlent si profondément... Peut être avait-il raison ? Peut être que sa lutte pour ménager sa liberté ne faisait que la condamner à la solitude et la rendre plus amère que libre, peut être que sa peur n'avait d'autre fondement que la lâcheté et le manque d'audace... Elle connaissait ce vide dont il parlait, elle même le remplissait de travail et d'abnégation depuis des années, s'abrutissant jusqu'à tomber comme une masse sur son lit, à l'aube ... elle devait à ce vide la plus grande part de sa fortune présente... mais, à présent, il lui semblait qu'elle s'y perdait chaque jour... elle voulait retrouver une vie, ne plus être seulement une charge...

Mais... les périls sont si grands... l'abandon, la trahison, le mensonge... elle avait apprit à ne pas souffrir quand ils venaient d'un amant, mais rien ne la protégerait des coups d'un mari... bien sur... rien, jamais, dans la vie, n'offre la moindre garanti, le bonheur se conquiert chaque jours et... peut être que... elle avait droit à sa part de bonheur après les épreuves qu'elle avait dut surmonter... Cerberos était-il celui que Zeus lui aurait réservé ? Auraient-ils partagé un projet, tous les deux ? Auraient-ils avancés cote à cote ? Ils n'avaient même pas su être un couple uni, un semblant de famille...

Luttant contre elle même, elle secoue la tête, farouchement, repoussant l'idée qui vient de naitre dans son esprit, la combattant, comme on lutte pour préserver sa vie... y croire serait vain et douloureux, plus que tout, à présent... à présent qu'il est trop tard... Trop tard... pour effacer, pour réparer, pour ne pas considérer la situation comme irrémédiable... Elle ne le verrait plus, lui en Champagne, elle, en Limousin... et entre eux, une mer de souffrances...



C'est... trop tard... je le crains...


Relevant la tête, elle porte la main à la broche qui orne son corsage et la retire... révélant que le bijoux est la pointe de la poignée d'une dague vénitienne, son autre main attrape une longue mèche de ses cheveux qu'elle tranche d'un mouvement sec, laissant la barrette ornée de perles accrochée, avant de la tendre au Champenois... Geste étonnant et dérisoire, mais elle savait ce qu'elle faisait et pourquoi elle le faisait... dans sa culture, les cheveux sont une extension de la personne, elle voulait lui signifier qu'elle avait perdu une part d'elle même en le perdant et que cette partie là, resterait prés de lui, qu'il le veuille ou non... et qu'il le sache ou non...


Je voudrais... que vous lui remettiez ceci... ainsi que... quelque chose qui le laissera surement indifférent mais que... j'avais projeté de lui offrir... avant... ce qu'il s'est passé... Il est juste que cela lui revienne, même s'il devait finir dans un fossé...


D'un pas d'automate, elle sort un instant avant de revenir et de remettre une peinture à l'huile, une miniature réalisée il y a quelques semaine par un peintre italien payé à prix d'or... l'ayant enveloppée dans un de ses voiles, lequel porte encore le parfum de sa peau, elle le remet au Champenois, agrippant au passage ses mains...




Dites lui... que je suis désolée... de n'avoir pas su... comment le satisfaire.... et que... je... n'ai jamais voulu... le blesser... Et... accepteriez vous de... de me faire parvenir des nouvelles ? Quelque fois... juste pour... savoir... ce qu'il devient ?


Après quoi, elle retourne s'assoir, épuisée et luttant pour ne pas se recroqueviller sur elle même sur le champ... ne pouvant se sortir de la tête la vision de Cerberos, la dernière fois qu'elle l'avait vu, le cœur déchiré à l'idée que cela resterait la dernière image qu'elle avait de lui...

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Mar 8 Mar - 22:25

Il ne dit mot. Il n’y avait plus rien à dire en fin de compte juste à capituler. Il tendit la main pour recevoir la mèche de cheveux qu’il rangea soigneusement dans sa poche. Puis secoua la tête à son tour quand elle sortit quelques instants de la pièce. Il eut envie de crier et de la bousculer, de la faire réagir en personne responsable, en personne consciente de ce qui se passé autour d’elle. A son retour, il se saisit d’un autre paquet … quand elle lui prit les mains, il se dit que le moment était venu de la bousculer.

Je viendrai vous rendre visite pour vous donner des nouvelles. C’est une promesse.

Il garder la petite peinture sous le bras et releva le nez et la suivit vers son fauteuil. Une fois qu’elle fut installé, elle semblait au bord de la crise. S’il venait à sortir, il était presque certain qu’elle se viderait de ses larmes. Sortir puis entrer de nouveau sans se faire annoncer et la prendre en flagrant délit de peine ? Hum, pas très délicat en y pensant. Il n’avait jamais était diplomate et il s’étonné lui-même de rester calme et d’essayer de marchander.

Madame, je vous demande de m’excuser des propos que je vais tenir

Et puis, qu’avait il à perdre maintenant ? Il se dirigea vers le fauteuil et s’agenouilla devant elle, la peinture sur les genoux.

Je ne crois pas à la solution du refoulement. Je soutiens qu'il est dangereux de faire la sourde oreille et de procéder à un nouveau clivage, qui ne fait que renforcer, éterniser le conflit en le masquant. Il vaut mieux prendre acte : nous ne sommes pas des saints, cela se saurait, et surtout se verrait.

Il prit une pause avant de vider son sac face à une femme qui pourrai le mettre en pièce juste après. Il déposa une main sur la sienne et la regarda.

Vous êtes égoïste, narcissique comme une enfant apeurée qui à peur de dire et surtout d’avouer ces sentiments. C’est méprisable mais surtout je pensais que vous, Marquise de Malemort étiez beaucoup plus forte que cela. Que votre réputation était vraie et fondée. Or, je m’aperçois que la légende n’est finalement que légende mythique.

Dans cette affaire vous êtes lâche comme personne, incapable de prendre une décision un temps soit peu rationnelle. Vous ne pensez qu’à vous dans cette affaire … et votre enfant ? Chaque jours, je découvre la bêtise humaine et là, j’assiste au triomphe de la peur, de la souffrance et de la lâcheté
.

Il se releva sans plus rien dire pendant un moment. Il continua de la regarder avant de reculer à petit pas puis finalement lui tourner le dos en prenant la direction de la sortie et se retourna :

Vous préférez rester ici, seule ? Où vous venez avec moi à Châlon ?

Il tendit la main vers elle comme pour l’inviter à venir, à distance, de le rejoindre.

Il n’est jamais trop tard. Affrontez un peu vos peurs.
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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Mer 9 Mar - 16:08

Et bien... au moins, vous avez eut la correction de vous excuser par anticipation... savez vous que vous défiez un sort pire que la mort et que bien peu oserait ce que vous venez d'oser ?


Relevant la tête, elle foudroie du regard l'impudent qui parle sans savoir et la juge avec une outrecuidance qui lui aurait valu une prompte castration... s'il n'avait pas visé si juste... Bien sur qu'elle était totalement possédée par la peur et que la peur rend égoïste, bien sur qu'elle fuyait la peur de l'échec plus que l'échec en lui... Mais elle ne l'avais jamais nié et le principal concerné savait, depuis le début, ce qu'elle était... Combien de fois avait-elle attendu un geste ou un fait pour calmer ses craintes ? La plus par du temps, ils n'arrivaient que sur sa demande ... sans spontanéité... une fois... une seule fois il l'avait surprise et ravie... elle gardait, précieusement, une rose rouge, parfaite, entre deux pages de manuscrit, sur sa table de chevet...


Ma réputation... n'a rien d'erronée, simplement, il s'agit là de ma vie, pas de mes devoirs ou de mes charges... et c'est un domaine pour lequel je ne suis point douée... Je ne peux pas être forte et insouciante, pas là dessus, pas après tant d'échecs et de meurtrissures, je ne peux pas m'engager, engager mes enfants et ma famille... comme je le fis par le passé, en doutant...

Dites moi... avez vous la moindre idée de ce qu'il se passerait si je vous suivais jusqu'à Chalons ? Pensez vous que ce qui nous a séparé disparaitrait, par enchantement ? Le voir, lui parler... réparer... je ne demande pas mieux, mais... je ne peux accepter de dire que tous les torts étaient de mon fait, que je n'avais aucune raison de considérer que nous courrions au désastre...



Se levant, brusquement, elle se met à faire les cent pas, allant et venant d'un bout à l'autre de l'atrium... pensivement... quelle folie suggérait-il là ? Quelle chance pour cela marche ? Se jeter aux pieds du Vicomte en lui jurant une félicité éternelle et la repentance de ses fautes étaient exclus, of course, elle ne pourrait jamais considérer qu'il n'y avait pas des brèches, des failles, dans leur histoire, qu'ils étaient allés trop vite, que pour avoir la moindre chance de réussir, ils devaient savoir s'ils étaient capable de surmonter, ensemble, des épreuves, de se connaitre et de s'accepter... d'un autre coté... n'était-ce pas en allant là bas qu'elle le saurait ?

Bien entendu, il n'était pas question de revenir en arrière et d'oublier ... et il restait profondément indifférent à tant de choses, pour elle, de première importance, Gauthier, ses enfants à elle qu'il n'avait jamais voulu rencontrer, son monde et sa vie en Limousin dont il ignorait tout... alors qu'elle... on pouvait dire qu'elle avait pratiqué le Champenois de l'intérieur... bon... c'était différent, elle était en mission... mais quand même... une visite, ça ne coute rien...

Mais... tout cela... ne fallait-il pas le lui dire, justement ? Et puis... que risquait-elle ? De souffrir ? Elle se rongeait déjà les sangs alors... un peu plus... ne ferait aucune différence... Faire face... telle était sa ligne directive dans chacune des charges qu'elle avait embrassé et ou elle avait excellé... il était temps... de faire face... en effet...



Seigneur Polibe... Si jamais il me fait jeter dehors, vous assumerez l'entièreté de vos fautes et m'en répondrait... Bon... je pense qu'il va falloir faire préparer mes malles... et... advienne que pourra ?


Souriante et détendue, elle se trouvait presque transfigurée à présent, non pas qu'elle ait cessé de craindre ou de souffrir, mais son choix fait... elle se tournait déjà vers l'avenir, acceptant ce qu'il pouvait lui réserver, que ce soit en bien comme en mal... Elle allait affronter, non pas son destin, mais un défi nouveau...

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Mer 9 Mar - 17:33

La croyance en une origine surnaturelle du mal n'est pas nécessaire. Les hommes sont à eux seuls capables des pires atrocités. Tout est mystère, et la clé d'un mystère est un autre mystère. Dans quoi venait il de se lancer ? Si on lui demandait un jour ce qui c’était dit dans cette salle, vous pouvez être sur qu’il aurait totalement oublié surement par la peur. La peur de se faire dépecé vivant peut être. Il garda bonne figure, comme toujours, si près du but et pourtant si loin.

Ce qui vous a séparé … peut être devriez vous penser à ce qui vous a unis. Il ne faut rien effacer mais bien prendre en compte les difficultés pour pouvoir, espérer un jour les surmonter. L’idée même de nier l’évidence : vous êtes différents oui.

Nous aspirons tous à trouver quelqu’un qui pourrait nous rendre "entier", qui pourrait compenser nos faiblesses, trouver cette "pièce manquante" qui nous complèterait. Pourtant, quand il faut en arriver à la pratique, on préfère choisir quelqu’un qui nous ressemble.

Il s’arrêta presque dans un état de choc en la voyant se décider … il aurait du en être ravi mais il avait une réserve. Et s’il venait de faire la plus grosse bêtise de sa vie en incitant cette Dame à rejoindre son prétendant et qu’il la jeté une fois face à elle ? La fierté humaine pouvait être incompréhensible … Il secoua la tête, reprenant confiance. Le Vicomte en était amoureux et si une deuxième chance se présenter à lui, il ne la laisserait pas passer.

Il fit une petit moue enfantine et reprit conscience quand la sentence tomba : « Bon... je pense qu'il va falloir faire préparer mes malles... et... advienne que pourra ? » Il resta droit comme un i, enfin, un peu courbet par le poids de la responsabilité. Il devait peut être répondre quelque chose ? Il en avait peu être déjà trop dit hein. Manquerait plus que les deux tourtereaux se retrouvent uniquement en prenant plaisir à détruire le pauvre Seigneur qu’il était.
Et voila qu’elle sourit … Il ravala sa salive difficilement puis lui répondit par un sourire sincère
.

Je prendrai l’entière responsabilité … Si vous le désirez, je puis vous accompagner vers Châlon vu que je m’y rend. Je prendrai la tête du convoi, si bien entendu, vous voulez.

Je n’ai rien d’autre à faire, alors je peux attendre que vous soyez prête et j’attendrai devant les grilles que vous soyez prête. Les routes ne sont pas sures et je serai plus tranquille si je vous suivez en escorte, histoire de m’assurer que la route est dégagée
.

Deuxième grand sourire. Il fallait absolument qu’il se procure une plume pour écrire à son Suzerain et l’avertir de cette visite des plus inattendue. Il le ferrait quand elle aurait le dos tourné !
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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Mer 9 Mar - 19:24

L'air mitigé du vassal de Cerberos ne lui avait pas échappé... même lui ne croyait pas en ce qu'il prônait... peut être ne lui avait il pas tout dit des projets du Vicomte ou de ce qu'il disait d'elle ou de ce qu'il était advenu... malgré tout, elle avait décidé... et irait au bout... elle avait trop besoin de le revoir... même une dernière fois...


Messire... vous devez comprendre une chose, je ne crois pas aux miracles et il y a peu de chance de... réparer... Je veux seulement ... essayer... de voir... Alors, quoi qu'il advienne, vous pourrez lui dire que je ne vous ai pas laissé le choix...


Elle se levait, prête à aller se changer, quand une idée lui vient en tête, elle se retourne, scrutant le beau blond...


Oh... je ne veux pas qu'il sache ... ma venue... à notre arrivée, vous tairez ma présence, je veux assister à votre entretien, ce n'est qu'en suite, que je dévoilerai ma présence... J'ai besoin de voir... de savoir.... il n'est pas venu à moi, vous comprenez ? Il vous a envoyé... C'est déjà un signe de détachement et... je ne suis pas celles qui ne font pas attention à ces détails, pas sans y voir un signe... un sens caché...


Ayant fait signe à une jeune servante tapie dans l'ombre d'avancer, elle lui glisse quelques mots à l'oreille, la laissant en suite vaquer aux préparations.


Il n'y aura pas de convois... je prendrai une monture dans mes écuries, nous voyagerons plus vite, et discrètement... et avec une bonne lame, aucune route ne m'apparait comme dangereuse. Une charrette et deux hommes d'armes escorteront ma suivante avec le nécessaire dont je ne saurai me passer... au besoin, je prendrait une auberge dans le bourg de Chalons... Votre parole, Messire, que vous respecterez le secret de ma venue...

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Mer 9 Mar - 20:10

Inutile de lui mentir, Madame. Je dirai la vérité : que c’est une initiative personnelle. Si je dois subir ces foudres, j’assumerai. Ensuite, je subirai votre châtiment … !

Mince, démasqué mon pauvre. Bon ben pour la missive, c’était mort. Il n’avait pas encore appris à communiquer par fumée ou par transmission de pensée. En somme, cela ferrait une belle surprise, il en restait convaincu. Il était prit au piège : voila qu’elle voulait filer à folle chevauchée. Si jamais un brigand se trouvait sur le chemin, il serait broyé, dépecé, castré, décapité et laissé à l’abandon sur un chemin. Pauvre de lui tiens. La fureur d’une femme peut être démoniaque !

C’est une promesse que je vous fais. Je tairai votre présence jusqu’à ce que vous décidiez de faire apparition. Votre venue restera secrète. Vous avez les cartes en main maintenant. J’irai simplement le voir pour lui donner les présents que vous m’avez donné.

Première règle : ne pas prendre de présent, ne pas donner de nouvelle, et surtout revenir rapidement. Une seule condition avait été respecté. C’est pas mal.

Nous irons donc à cheval. Il est évident que je ne vous lâcherai pas d’une bottes, si jamais il vous arrivez quelque chose, je crois qu’il ne serait même pas nécessaire que je remette les pieds à Châlon.

Il regarda la servante repartir. C’était le moment de partir peut être ? Il devait prendre les devant en ouvrant la marche ? Attendre qu’elle décide de sortir ? Il rangea la petite peinture dans son mantel, poche intérieure et re enchaina :

Vous pouvez me faire confiance.

Dois je vous laisser vous préparer ? Ou partons nous présentement ?
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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Jeu 10 Mar - 15:26

Doutant, en son fort intérieur, que l'on serait nombreux à pleurer son trépas s'il venait à se produire, et que le Vicomte soit parmi les rares à verser des larmes, elle hausse ses charmantes épaules... plus que quiconque, elle a conscience de l'insignifiance de son existence et de son caractére au combien éphémère...


Je vous laisse m'attendre dans la Cour, je devrais être prête d'ici une heure... le temps de me changer, d'embrasser mes enfants et de m'équiper comme il convient... et ne vous faites pas de soucis, je parcours les routes de ce Royaume depuis des années, sans que le moindre brigants ne m'ait jamais porté atteinte... Je n'ai pas été chevalier, jadis, pour m'en inquiéter à présent...


Souriante et enjouée, elle se dirige vers la sortie, se retournant sur le seuil.


Je vais demander que l'on vous serve une collation, vous devez être las et affamé après tant d'heures de voyage... et vous avez tout intérêt à être en forme ! Nous nous retrouverons tantôt dans la Cour... Je vous remercie ... sincèrement...

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MessageSujet: Re: Audience du Seigneur de Poigny   Jeu 10 Mar - 17:51

Il sourit, à vrai dire l’idée de manger lui avait traversé l’esprit mais … le moment n’était pas à subir les foudres de son estomac. Il mangerait bien de la bonne viande bien cuite avec des légumes partout autour et surtout, de la boisson … à volonté.

Malgré l’appel de détresse de celui-là, il resta impassible et inclina la tête pour la remercier de son invitation qu’il déclina
:

Je vous remercie de votre geste, mais croyez moi, nous avons à faire qui est plus important que de me nourrir ! J’ai une forme olympique, n’ayez crainte, vous ne trainerez pas un boulet. Je pense même pouvoir arriver avant …

Lancer un petit défis d’amusement à une Marquise ? Il la regarda du coin de l’œil et se tâta assez longuement pour finalement en conclure que non.

Je vais vous attendre donc dans la cour que vous soyez prête.

Il sortit de l’atrium, passa devant elle et passa son chemin. Il continua dans le couloir et s’arrêta plus loin. Oh et puis zut :

En forme ? Je suis sur d’arriver à Châlon avant vous … !

Sur cette belle parole, il sourit en coin et fila avant de subir les foudres. Il attendrait dans la cour comme demandé.
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