Omnes Vulnerant, Ultima Necat
 
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 [Suite] Retour aux sources... ou en enfer...

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Elisa de Lahaye Malemort



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MessageSujet: [Suite] Retour aux sources... ou en enfer...    Sam 2 Juil - 0:56

[Début]

La demeure semblait calme. Aucun bruit qui émane des pièces, sauf dans les cuisines, où les domestiques doivent s'affairer, comme toujours. La Malemort et la rouquine rentrent dans la demeure familiale, assez silencieuses pour une fois les deux jeunes femmes. Le Hall d'entrée était vide, et Elisa décida de ne pas s'y attarder. Prenant directement les grands escaliers qui trônaient face à la porte d'entrée. Le bois du garde corps était magnifiquement sculpté. Les marches recouvertes d'un épais tapis fraichement nettoyé.
La montée des escaliers fut plus rude que la Malemort aurait pu le croire. Chacun de ses pas étaient une épreuve. Devoir monter la jambe, pour monter les marches. Son ventre se tordait de douleur, et son souffle s'était accentué... Elle était déjà essoufflée, la jeune Lahaye.
Arrivée à l'étage, La Malemort, vérifia que sa vice chancelière suivait toujours. Puis elle s'engouffra dans l'un des grands couloirs du domaine. Passant plusieurs portes fermées, elle se stoppa enfin devant l'une d'elle.

Postée devant la porte, sa main déjà sur la poignée, un souffle sort d'entre ses lèvres. Un soupire mélangé par la douleur de son ventre, et l'angoisse de rentrer à nouveau dans ses appartements. Peut-être car elle se rend compte aujourd'hui, qu'elle n'est plus l'enfant qu'elle était lorsqu'elle vivait ici... Qu'elle a grandit, et que maintenant, elle ne peut plus venir claquer cette porte, dès qu'elle est énervée, ou qu'on lui refuse quelque chose.
Ben il faut dire aussi, que cela fait un moment qu'on ne lui a rien refusé. Entre cerises, postes, alcool... Elle est garnie la Malemort, et la rouquine licorneuse en est en partie responsable. Elle cède à la plupart de ses caprices... Bon il ne faut pas oublier qu'elle joue de chantage la rouquine. En échange de cerises, Elisa avait été obligé de consulter un médicastre... Elle l'avait fait, sauf que la vice chancelière ne lui avait pas demandé d'écouter ce que le médicastre lui avait dit... Médicastre qui était plus précisément l'actuelle Comtesse des provinces.
Pour sur, la Casernac, avait réussit à soudoyer les valets du Pavillon, car la Malemort avait été beaucoup moins sollicité par eux ces derniers jours. Un point qu'il faudrait qu'elle vérifie dès son retour à la chancellerie ce soir. Il était hors de question pour Elisa d'être avantagée pour une simple fatigue de passage...

Fatigue de passage, du moins, c'est ce qu'elle pensait... Mais ce n'était vraisemblablement pas la vérité... Pour l'heure, elle rentre enfin dans ses appartements. Rien n'a changé dans la pièce, son lit à baldaquin trône toujours au centre de la pièce, entouré de fin rideau pourpre. Une grande armoire prend tout un mur, encore remplie par les robes que la Malemort doit donner, puisqu'elle les a déjà portées... Tout le monde sait qu'une Malemort ne porte qu'une fois ses robes...
Sur l'autre mur, face au lit, une coiffeuse, avec quelques produits de beauté. La brosse de ses cheveux est encore là, laissant apparaitre les derniers cheveux qu'elle a perdu durant son dernier brossage à Ségur.

Mais il n'est pas l'heure de repenser au passé, encore. Toujours essoufflée par sa monté d'escalier, la Malemort va s'asseoir sur le bord de son lit afin de reprendre son souffle. Regardant l'entrée de l'appartement, où la rouquine est toujours.


    Entrez, je vous en prie, Excellence.

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Aldraien



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MessageSujet: Re: [Suite] Retour aux sources... ou en enfer...    Jeu 7 Juil - 0:47

La jeune pas si jeune femme qu’était la Vice-chancelière suivait bien silencieusement la jeune vraiment jeune femme qu’était Elisa alias la Grande Chancelière. Ca lui changeait de ne pas dire un mot, mais ça lui donnait l’occasion d’observer les lieux. D’ailleurs, si on avait mis quoi que ce soit devant elle, elle se serait retrouvée sur le fondement à marmonner contre son manque d’inattention.
La Carsenac avait le nez en l’air, qui passait d’un mur à un autre, d’une marque de richesse à une autre. Le raffinement et la grandeur de chaque chose la mettrait presque mal à l’aise, elle qui n’avait pour demeure qu’une simple seigneurie, même si celle-ci lui tenait grandement à cœur et qu’elle n’en changerait pour rien au monde. Ici, le moindre petit élément était simplement sublime, travaillé avec précision pour donner la meilleure image possible.
Voilà maintenant qu’elle essayait de ne pas sembler trop impressionnée par la magnificence de la demeure, de quoi elle aurait l’air, sinon. Elisa la trouverait certainement excessive, puisqu’elle avait grandi ici, l’impression que l’endroit devait lui faire devait être toute différente.

La Carsenac, elle, avait grandi dans une petite ferme. Une petite ferme où celle qu’elle avait longtemps cru sa mère s’occupait des champs tandis que son père, Etienne Chanteloup, parcourait les routes du Royaume à la recherche de bonnes affaires et, accessoirement, de maîtresses bien disposées, et de bâtards à procréer. D’ailleurs, elle connaissait au moins une de ses bâtardes, peut-être un jour en découvrirait elle d’autres. Le monde est si petit, après tout.
Elle avait donc vécu dans cette petite ferme jusqu’à huit ans, jusqu’à ce que ses parents se fassent assassiner. Et après, elle n’avait plus eu de maison jusqu’à ses quinze ans, autant dire que d’imaginer vivre dans une pareille demeure, ça la dépassait et de loin. Mais elle s’était rattrapée à présent, même s’il fallait bien l’avouer, elle ne profitait pas assez de sa Seigneurie. Pourtant elle appréciait grandement de s’y reposer parfois pour oublier tout son travail, tous ses soucis, tout, en somme.

Retour sur la montée des escaliers. Elisa semble avoir beaucoup de mal, et la Vice-chancelière en était bien consciente. Elle aurait très bien plus l’aider, l’obliger à prendre son bras, mais elle savait bien que la Malemort n’apprécierait pas son aide, voir même ne l’accepterait pas. En tout cas c’est ainsi que réagirait la Carsenac si elle était dans la même situation que la Chancelière.
A sa place, elle souhaiterait montrer à tous et malgré tout qu’elle restait forte, faisant fi de ses difficultés, de ses douleurs, de ses faiblesses. Oubliant qu’elle avait des limites, que son corps en avait, et qu’à trop les transgresser celui-ci finit par dire stop.
Elle ne pouvait pas le reprocher à la jeune femme, elle était pareille. Et c’était également pour cette raison qu’elle s’inquiétait la Carsenac, parce qu’elle savait comment elle était. Pour cela, elle conspirait au Pavillon, elle faisait les choses en douce pour éviter que la Malemort ne s’en offusque.

Devant la chambre, elle se sentirait presque intimidée, n’ayant pas l’habitude d’entrer dans des appartements qui n’étaient pas les siens. Ce n’est que lorsque la Chancelière l’invite à entrer qu’elle se décide enfin à faire deux pas dans la pièce, pour en rester presque bouche bée. Elle regarde à droite et à gauche, faisant mine d’observer les lieux tandis qu’Elisa reprenait son souffle. Finalement, elle prit la parole, ce silence pourrait finir par devenir gênant, et elle ne voulait en aucun cas avoir l’air d’une fouineuse en observant la beauté des lieux.
Elle observe l’armoire, se demandant comment il est possible de prendre autant de place pour mettre des vêtements, alors qu’elle-même n’a que très peu de robes, de quoi les compter sur les doigts de la main.


- Je ne suis pas Excellence ici, rappelez vous, ce n’est pas dans mes fonctions de Vice-chancelière. Je suis venue en tant qu’amie. Alors, qu’avez-vous besoin de transporter ?

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Elisa de Lahaye Malemort



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MessageSujet: Re: [Suite] Retour aux sources... ou en enfer...    Mar 2 Aoû - 19:00

Assise sur le lit, la Malemort tient son ventre dans ses mains, elle a mal, son visage grimace, sa mâchoire se ressert. Elle tente de réguler sa respiration parait-il que cela aide à avoir moins mal… M’enfin ça elle ne sait pas qui est le con qui a dit ça… Car c’est vraiment n’importe quoi... Enfin bref, elle grimace, elle souffle, toussa toussa…
Un regard vers la rouquine qui rentre dans la pièce en parlant. La Malemort doit reprendre le dessus, elle n’est pas comme ça… Elle ne fait pas partie des lâches qui se plaignent, non, et elle n’en fera jamais partie... Elle est forte… Elle est….


    Ah !


Elle grimace, sa main vient agripper le drap, son ventre est devenu dur. Elle doit donner le change, juste quelques secondes encore, et la douleur disparaîtra… juste quelques secondes encore… encore… encore… Mais ses sourcils restent froncés, la douleur est toujours là… Elle doit donner le change, vite, avant que la Licorneuse ne s’en aperçoive… La Malemort tourne la tête, elle regarde son amie qui est venue se placer dans les appartements proches de l’armoire… Ah…rmoire…
Tenter d’ôter sa grimace, pour faire comme si… comme si tout allait bien… comme si rien ne s’était passé…


    Armoire… En…fin… hum… Dans l’armoire…


Arrêter de parler, elle s’enfonce… attendre encore, quelques instants, pour reprendre son souffle. Elle tourne la tête la Malemort, fait croire qu’elle cherche quelque chose ailleurs… Sa main rejoint son ventre. Sa douleur ne s’estompe pas, tout se chamboule en elle, tout se contracte. Sa deuxième main vient se poser sur le lit derrière elle, pour la soutenir tandis qu’elle se balance vers l’arrière. Sa tête penchée en arrière, ses yeux pourraient regarder le plafond mais ils sont fermés, ses sourcils froncés, sa douleur est à son apogée durant plusieurs secondes. Puis la tempête se calme, quelques instants, laissant derrière elle un vaste champ de ruine dans son ventre.
Durant cette accalmie, elle se tourne vers Aldraien… Il n’est plus l’heure de jouer les dures… Il n’est plus l’heure de vouloir faire la forte malgré la douleur… Quelque chose ne va pas… Elle le sent mais ne veut pas s’avouer la tragique pensée qui la submerge… L’enfant doit vivre… Il doit vivre pour le bonheur de son fiancé…
La Malemort regarde la rouquine, ses sourcils toujours froncés… Elle doit parler avant que la douleur ne revienne de plus belle.


    Allez chercher quelqu’un… Aidez moi… La douleur va m’emporter…


Oh oui la douleur l’emporterait vers l’au-delà si celle-ci ne cessait pas rapidement. Elle n’est plus assez courageuse… L’épreuve est trop dure…
Elisa relève, seule, ses jupons, pour apercevoir entre ses cuisses le cruor qui est venue s’y déposer, les jupons sont tachés, ses mains se mettent à trembler, sa vue s’embrume, sa tête se met à tourner, elle n’y croit pas… Elle ne veut pas y croire…
Ses doigts viennent tordre le tissu de sa robe, pour cacher sa colère… mais son poing tellement faible arrive à peine à se fermer.
La Malemort devient blanche, pour se contraster avec le rouge d’entre ses cuisses.
La douleur revient, et son dos vient tomber contre le matelas du lit, à moitié consciente de ce qui est entrain de lui arriver.


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Aldraien



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MessageSujet: Re: [Suite] Retour aux sources... ou en enfer...    Jeu 8 Sep - 2:09

Toujours occupée à observer les robes devant elle, toutes plus magnifiques les unes que les autres, la rousse ne se rend pas compte immédiatement de la gravité de la scène qui se joue juste derrière son dos. Comment le pourrait elle. Elle savait Elisa mal en point, mais de loin pas à ce point. Heureusement, elle n’en avait pas encore pris connaissance. L’armoire…Qu’elle était belle, cette armoire. Comment allaient-elles donc faire pour en vider tout le contenu, et qui plus est pour le transporter ? Ca allait relever de la mission impossible, ni plus, ni moins. Avec une dizaine de personnes, peut être, à deux…Elles n’y arriveraient pas, c’était certain. Il faudrait une charrette, assurément, le problème étant que monter des escaliers avec une charrette, ce n’était pas de tout repos. Et vu le silence d’Elisa, elle devait bien en avoir besoin, du repos…
Comment diable pouvait-on avoir autant de robes pour une seule et même personne ? C’était bien cela qui devait faire défaut à la Carsenac, dans son éducation. Toute noble de naissance qu’elle soit, elle ne l’avait appris que très tardivement et avait donc grandi jusqu’à la mort de son père et de la femme qui l’avait élevé, comme simple fille d’une femme au foyer travaillant au champ pour nourrir sa famille, et d’un père marchant ambulant trop souvent parti sur les routes pour concevoir des bâtards dont elle n’apprendrait l’existence que bien plus tard encore une fois. Combien avait-elle de demi-frères et demi-sœurs qui trainaient un peu partout ? Ca resterait un mystère. Elle s’en connaissait une, déjà, c’était pas mal.


Armoire… En…fin… hum… Dans l’armoire…

Oh. Était-ce de l’hésitation qu’elle entendait dans la voix de son amie ? Elle regardait l’armoire sans se retourner, ça ne lui disait pas ce qu’elle voulait emmener. Voulait elle prendre tout ce qui se trouvait dans la dite armoire, ou seulement une partie ? Hmm…Grand questionnement de la part de la Carsenac. Décidemment, ces robes l’intriguaient. Elisa les avait-elle seulement toutes portées ? Ou alors n’étaient elles là que parce que la Chancelière en avait émis le souhait ? Ca pouvait porter à confusion, tout de même. Et puis, l’Excellence Bouchon ne savait pas qu’est-ce que ça faisait de grandir dans de telles conditions. Elle qui avait dû se débrouiller seule depuis ses huit printemps. Elevée dans une telle demeure, avait elle eu accès à tout ce qu’elle voulait ?
La rousse aurait-elle été plus heureuse, si elle avait eu tous ces présents ? Elle en doutait grandement. Elle ne serait certainement pas la femme qu’elle était aujourd’hui. Son attrait pour les armes aurait sans doute été bien moins prononcé, et elle ne serait sans doute jamais devenue Licorne. En fait, elle serait certainement comme Elisa au jour d’aujourd’hui. Oui, elle se retrouvait étrangement dans cette jeune femme.


Allez chercher quelqu’un… Aidez moi… La douleur va m’emporter…

Volte-face violent de la Carsenac, qui se retrouve face à face avec ce qu’elle avait crains depuis plusieurs semaines, depuis qu’elle avait découvert qu’Elisa était enceinte. Perdue dans ses pensées, elle n’avait absolument rien entendu de la scène, et ne s’en était pas doutée une seule seconde. Encore une fois, elle réagissait bien trop tard alors qu’il aurait fallu qu’elle soit auprès de la Malemort dès le premier instant de ces douleurs. Au lieu de ça, elle reste bloquée quelques instants bien trop longs devant la jeune femme qui lutte contre la douleur.
Une question s’impose alors à son esprit : que faire ? Que faire pour la libérer des douleurs qui doivent l’assaillir ? Ce n’est pas seulement d’une fausse couche dont il s’agit, il y a tout le ressentiment que doit avoir Elisa, toute la peur qu’elle doit ressentir face à ce qu’elle ne connait pas. Elle-même ne l’a jamais vécu, mais elle sait ce que ça implique, et elle sait ce qu’elle doit faire pour la jeune femme. Pas grand-chose en somme…Car malheureusement pour une fausse couche, il n’y a pour ainsi dire presque rien à faire.
Elle la regarde, peinée de devoir lui annoncer cela. Et ne le fera d’ailleurs pas tout de suite. Il est plus que temps qu’elle s’active, qu’elle arrête de rester bêtement là sans bouger. Du nerf.


- Je reviens…Essayez de vous calmer.

Tellement facile à dire. Et difficile à mettre en œuvre. Pourtant il faudrait bien…Les douleurs sont toujours beaucoup plus fortes lorsqu’on se crispe se moi-même, c’est un fait avéré. La Carsenac lui adresse un regard qu’elle veut rassurant, puis sort de la chambre d’un pas rapide, mais pas trop non plus, pour ne pas paniquer encore plus la jeune femme.
Elle sait ce qu’elle cherche. Elle ne sait pas où le trouver. Mais heureusement, dans une telle demeure, il y a toujours quelques domestiques qui trainent par ci, par là; et elle peut rapidement en apostropher un à quelques dizaines de mètres de la chambre de son amie. Pour sûr que le domestique devrait savoir retrouver les appartements d’une fille Malemort qu’il devait sans doute avoir vu grandir. Maintenant, ça risquait d’être plus long si elle n’était pas derrière pour faire avancer le tout…Jamais aussi bien servie que par soi-même disait le dicton, elle ne comptait pas laisser au domestique le temps de se la couler douce alors que la situation ne le permettait aucunement. L’attrapant par l’épaule, elle lui fit faire volte-face, et lui adressa un regard qui n’admettait aucunement qu’on l’envoie sur les roses pour la demande qu’elle s’apprêtait à formuler.


- J’ai besoin d’eau chaude, d’eau froide, et des linges propres. Beaucoup. Et maintenant, pas demain. Je viens avec vous, vous me montrez où trouver tout ça. Ensuite, vous irez dans les jardins, et vous me trouvez une racine de lavatère dans les jardins, il doit bien y avoir ça. C’est une plante mauve. Bref…L’essentiel d’abord, vous irez me chercher le reste après.

Et voilà l’homme qui s’affaire pour une femme qu’il ne connait même pas. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle se retrouve avec tout ce dont elle a besoin dans les bras, un autre domestique la suivant avec ce qu’elle n’avait pu porter. Elle avait bien entendu signaler que la plante qu’elle attendait devait être apportée dans la chambre d’Elisa, mais n’avait plus le temps d’attendre, la pauvre jeune femme devait être bien assez paniquée comme cela.
De retour dans la chambre, elle fit poser tout ce qu’elle avait fait ramener près du lit, puis fit sortir le domestique. Elles étaient seules à nouveau, et déjà la rousse s’afférait. Les linges prirent leur place sur le lit, en bonne quantité, tandis que l’eau venait se poser juste à côté d’eux. Il lui faudrait nettoyer tout cela, et accompagner Elisa dans cette épreuve qui était bien plus dure psychologiquement que physiquement. Un des linges fut mouillé, passé sur le visage de son amie qu’elle regardait aussi calmement que possible, bien que l’inquiétude pouvait aisément se lire dans son regard. Elle prit sa main dans la sienne et la serra doucement. Il lui fallait expliquer maintenant…Expliquer le terrible événement.


- Vous n’allez pas mourir Elisa…Ces douleurs sont passagères, le temps que…Que votre corps reprennent ses droits. Votre enfant… Comment annoncer cela à une personne qui aurait dû devenir mère, quand bien même ne désirait elle pas l’enfant ? Qui, peut-être, commençait tout juste à accepter l’idée ? Une inspiration. Votre enfant a rejoins le Très-Haut, sa place ne devait pas être ici…Je suis sûre qu’Il veillera sur votre petit…Tout comme je vais veiller sur vous à présent. Serrez ma main aussi fort que vous le souhaitez si vous avez mal…Je vais m’occuper de nettoyer tout ce sang…D’accord ? Parlez moi surtout, restez avec moi. Je suis là pour vous.

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Elisa de Lahaye Malemort



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MessageSujet: Re: [Suite] Retour aux sources... ou en enfer...    Lun 3 Oct - 15:03

    Mon… bé…bé…


Allongée, sur le lit… La Malemort était entrain de réaliser ce qui lui arrivait… Son enfant… La chair de sa chair… la chair de son fiancé était entrain de mourir… Il était entrain de la quitter… la maintenant… ici… à Ségur… Il lui déchirait les entrailles…. Et en prime il s’occupait maintenant de son cœur… Il la vidait de toute son âme, il était entrain de lui arracher une partie de son cœur… Comment avoir cru qu’elle ne l’aimait pas ? Comment avoir cru qu’il était le mal incarné ?
Oh mon enfant… Oh…


    Mon enfant…


Elle divaguait… Et pourtant, elle se sentait légère… Tellement légère qu’elle aurait pu s’envoler… Elle aurait pu si seulement la voix de la rouquine n’était pas encore là… Au loin, très vague, mais elle était là…
Et voilà que la rouquine lui expliquait que son enfant n’était déjà plus… Non ! Non ! Mon fils… Mon fils… ! Mon être… Mon tout… Non… Tu n’as pas le droit… Tu n’as pas le droit de nous abandonner…
Ses yeux se ferment, elle tente d’oublier ce moment étrange… puisque rien ne dure…


    Pierre…


Des larmes viennent s’inviter sur ses joues. Où est-il… Oh mon amour… Où es-tu… Pourquoi si loin ? Pourquoi sans moi ? Oh mon tendre amour revient moi… J’ai tant besoin de toi…
Et une nouvelle contraction qui vient briser ses pensées. Ses larmes coulent sans cesse. Sa mâchoire est fermée et la main contre la sienne est serrée plus fermement.
Elle sent couler entre ses cuisses, elle sent qu’elle se vide… de son sang… mais rien d’autre… L’enfant est toujours là… Il n’est pourtant déjà plus…
Il n’y aura pas de cris… Il n’y aura rien… La malemort doit se faire une raison…

L’enfant qu’elle détestait… Elle l’a tué… Elle l’a tué par son manque d’amour… Elle l’a tué par ses idées… Elle l’a tué par son indifférence…
Et aujourd’hui, c’est lui qui la tue… à petit feu.


    Tout est… de ma… faute


Et ses sanglots sont plus forts. Sa poitrine se soulève au rythme de ses pleurs. Sa souffrance est atroce. Elle aimerait partir elle aussi… Partir loin d’ici
Elle ne pense même pas encore à l’avenir… Comment l’annoncer à toutes ces personnes qui avaient déjà hâte de le voir arriver…
Aujourd’hui, elle pense à cette douleur qui la consume… Elle pense à cette douleur qui lui transperce le ventre. Elle voudrait clairement mourir à cette heure… Elle voudrait ne plus être.

Elle sent quelque chose entre ses cuisses. Ses yeux s’ouvrent de nouveau, elle tente de se lever légèrement, mais elle n’a déjà plus de force la Malemort… Elle est épuisée. Elle arrive tout de même à apercevoir la rouquine qui tente de nettoyer ses cuisses du cruor.
Ses yeux se referment… Voilà si peu de temps qu’elles se connaissent… et pourtant… La jeune Malemort lui en a déjà fais voir de toutes les couleurs…

Fera t-elle partie de son cercle d’amis le plus fermé ? Sûrement… Elle est sur la bonne voie en tout cas… Comment ne pas avoir confiance en la femme qui est présente à vos côtés dans tous les grands moments de votre vie ?
Et voilà qu’aujourd’hui, elle était là alors que la jeune chancelière était entrain de perdre son enfant…

Perdre son enfant… Perdre son enfant…

Ses larmes coulaient encore… Sa main libre était venue se poser sur son ventre amaigri qui pourtant avait commencé à se former. Ses hanches s’étaient même dessinées un peu plus large… Tout le processus avait commencé… Et voilà qu’aujourd’hui elle le perdait…

Une nouvelle contraction… Ses sourcils qui se froncent sous la douleur… Elle voudrait qu’il soit là… Elle voudrait qu’il soit près d’elle…
Et un nouveau cri se fait entendre dans les appartements, plus virulent que les autres…


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MessageSujet: Re: [Suite] Retour aux sources... ou en enfer...    Jeu 27 Oct - 23:32

« Ce qui t’a été donné te sera repris : Ta vie entière sera rythmée par le deuil. »
Amélie Nothomb

Car ainsi va la vie. Et ainsi, à chaque étape de celle-ci, l’on voit un peu plus de tristesse, un peu plus de pertes, un peu plus de deuil et de larmes. Toujours un peu plus de souffrances, jusqu’à ce que celles-ci finissent par nous emporter à notre tour dans les ténèbres de la mort. Résurrection pensent certains, Paradis Solaire pensent d’autres. Qu’importe puisqu’au final, on est toujours seul face à sa propre peine et à sa propre souffrance.
La Carsenac avait eu son lot, elle aussi, et elle savait qu’il n’y avait pas pire douleur que celle de perdre un enfant. De voir la chair de sa chair mourir à petit feu sans rien pouvoir faire d’autre qu’assister au triste spectacle, les larmes aux yeux, les mains impuissantes et le cœur blessé.
Être forte, voilà la seule chose qui pouvait être préconisée dans ce genre de situation. Forte contre une mort qui gagne toujours au final. Forte pour survivre à l’amputation de son âme, si douloureuse soit-elle.
Puisque rien ne dure…


- Je suis là, Elisa…

Triste consolation que de savoir n’être pas seule dans un moment comme celui-ci. Ca ne change pas grand-chose au final, la rousse ne pourra pas faire revenir l’enfant à la vie, comme elle n’a jamais pu faire revenir sa fille à la vie. Réalité et cruauté d’une vie en sursis.
Rien dans cette vie ne dure, la jeune Chancelière finira par l’apprendre à ses dépends, c’est un passage obligatoire pour chaque personne posant le pied sur cette terre. Ephémère, c’est là le mot maître, le mot clé d’une existence comparable à un fil fin. Si fin que l’on pourrait le trancher d’un simple souffle, et Dieu sait pourtant que chacun s’y accroche. Du plus fort au plus faible, chacun n’a qu’un seul objectif : se croire immortel en continuant de jouer avec le feu encore et toujours jusqu’à ce que le lien de l’existence ne se rompe enfin dans une explosion silencieuse.


- Elisa…Ce n’est pas votre faute. Vous n’y êtes pour rien. Le Très Haut a décidé que cet enfant serait un Ange à ses côtés. Il vous l’a repris pour qu’il veille mieux sur vous…

Valse macabre qui continue et rappelle à la Carsenac ses propres démons. Indy, sa petite fille morte par sa faute, à cause de son manque de présence, par sa propre négligence. Elle avait mis fin à ses jours en avalant une fiole de poison qui s’était propagé dans son sang pour lui prendre la vie, et enlever une fille à sa mère. Jamais un enfant ne devrait mourir avant ses parents…C’est pourtant là la triste réalité d’un monde injuste où guerres, famines et maladies font leur lot de victimes à travers le Royaume, qu’importe les saisons. La mort ne prend pas de repos.
Encore un cri…
Elle continue de nettoyer le sang qui coule d’une main, se servant de l’eau chaude et des linges qu’elle avait apporté, alors que la main libre va se poser par-dessus celle d’Elisa sur son ventre. Un nouveau cri…Une contraction. La dernière aussi forte, sans aucun doute.


- C’est fini…

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